vendredi 12 janvier 2018

"Certains, sans le savoir, ont accueilli des anges" Journée mondiale du migrant et du réfugié


Aujourd’hui, je ne commenterai pas les textes. J’espère bien cependant commenter la parole de Dieu en reprenant la doctrine sociale de l’Eglise à l’occasion de la journée mondiale du migrant et du réfugié. Cette journée n’est pas une nouveauté ou la lubie de l’actuel pontificat. C’est Benoît XV, il y a 104 ans, qui l’institua et Jean-Paul II qui en fixa la date.
Il ne s’agit pas de s’attendrir sur le sort des déplacés ni de faire pleurer dans les chaumières, même si l’image-choc du petit Aylan Kurdi, dont le corps était ramassé par un garde-côte turc en 2015 avait vivement ému l’opinion, comme le font ces jours les africains qui passent le col de l’Echelle dans les Hautes-Alpes. Mais l’émotion ne dure pas ; c’est de réflexion et d’action que nous avons besoin.
A cause de l’efficacité oratoire de l’émotion, je ne résiste cependant pas à rapporter des propos récents du président des Etats-Unis d’Amérique. « Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? » La Maison Blanche n'a pas démenti et commente : « Certaines personnalités politiques à Washington choisissent de se battre pour des pays étrangers mais le président Trump se battra toujours pour le peuple américain ». Tout est dit, le mépris et la vulgarité sous couvert de se préoccuper des siens. Et qui pourrait condamner celui qui prendrait soin des siens ?
Des migrations, il y en a toujours eu. C’est une histoire aussi vieille que l’humanité. Les Européens aussi migrèrent en grand nombre, décimant au besoin les populations des territoires qu’ils découvraient et s’appropriaient. On apprend à l’école les « invasions barbares ». Les deux mots méritent critique. S’agit-il d’invasion ou de migration ? On redécouvre aujourd’hui la culture de ceux qui ont transmis la culture romaine parce qu’ils l’ont admirée. Ils sont devenus chrétiens, voire catholiques, comme les Francs de Clovis.
On estime à 250 millions les migrants aujourd’hui, soit 3% de la population mondiale. Le chiffre est en légère augmentation (absolue et proportionnelle) ces dernières années, dopé par la mondialisation voulue par et pour l’économie. Entre 2000 et 2010, le Bangladesh, le Mexique et l’Inde ont constitué les premiers pays d’émigration, qui l’aurait dit ?
On parle de crise migratoire. Mais n’est-ce pas parce que nous nous focalisons sur les migrants des pays pauvres qui viennent dans les pays riches. Plus de 50 millions des migrants viennent des pays du nord, ce n’est pas rien, 20%. On ne parle jamais des migrations Sud-Sud. On ne parle jamais de crise migratoire pour les Espagnols, nombreux, jeunes et qualifiés qui ont quitté leur pays pour chercher du travail. Ils seraient un demi-million en 5 ou 6 ans. Pas davantage pour les deux millions de français vivant à l’étranger, soit 3% de la population française. Nous sommes en pourcentage exactement autant de français hors de France qu’il y a de personnes dans le monde hors de leur pays. Trump disait qu’il était prêt à accueillir les Norvégiens plutôt que les ressortissants « des pays de merde ». « Crise migratoire » paraît signifier arrivée non acceptée de personnes pauvres, de couleur, et non chrétiennes. Certains reprochent à François d’avoir hébergé des musulmans plutôt que des chrétiens d’Orient.
L’actuel gouvernement français souhaite améliorer le dispositif du droit d’asile, et l’on peut s’en réjouir. Mais les migrants ne sont que dans une faible minorité susceptibles de prétendre à ce droit puisqu’on a décrété que la migration pour raison économique en était exclue. Vous êtes accueillis en France si votre pays vous persécute. Mais si vous crevez de faim, ce n’est pas notre problème. Nous sommes heureux de notre mode de vie. Comment nous étonner qu’il fasse envie et attire ?
La question n’est pas de savoir si l’on peut accueillir toute la misère du monde, mais de prendre nos responsabilités. Nos pays riches engrangent les principaux profits et richesses de la planète. Couper la question des migrants de celle de l’économie et de l’écologie, c’est déjà un mensonge. La question n’est pas même de savoir si on est d’accord pour accueillir ou pas. On pourra penser que nous avons le droit de reconduire à la frontière qui est entré illégalement en Europe. Reste que nous avons le devoir de le faire en respectant les droits de l’homme et que nous ne pouvons laisser la Méditerranée, notre mer comme disaient les Romains, être le plus grand cimetière de la planète.
Jusque-là, pas besoin d’être chrétien. Il suffit de comprendre ce qui se passe dans le monde en essayant de ne pas se placer seulement du point de vue de nos intérêts, qui plus est à court terme, et de notre confort, mais de se mettre un peu dans la peau des autres, ou seulement, de chercher le bien commun de l’humanité. L’accueil que nous réservons, ou non, aux pauvres prépare la paix ou les guerres de demain, celles que nous laissons à nos enfants.
La doctrine sociale de l’Eglise aide toutefois à comprendre la situation du côté des autres. « N’oubliez pas l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges. » Le conseil de l’épître aux Hébreux, nombre de ceux qui accompagnent les migrants, croyants ou non, en font l’expérience. Comme Abraham, on peut avoir peur où se méfier de l’inconnu qui arrive. Que nous veut-il ? La paix ou le vol ? (Les migrants sont plutôt en situation de faiblesse et n’arrivent pas les armes à la main comme les Européens aux Amériques ou dans les colonies, et encore aujourd'hui!)
A rencontrer, on connaît la grâce qu’ils offrent par leur seule présence, leur volonté démesurée de vivre, la fraternité élargie et partagée. Avant d’avoir un avis sur les migrants, nous pourrions nous engager à avoir parlé humainement, à avoir écouté l’un ou l’autre. Ce serait déjà beaucoup. Nous ne croyons plus aux anges, mais c’est mieux encore que nous accueillons, le Seigneur lui-même. « Tout ce que vous aurez fait, ou pas, à ces petits qui sont les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait, ou pas. »

vendredi 5 janvier 2018

Signes dans la nuit



Nous nous désolons du nombre toujours plus réduit de chrétiens dans les sociétés occidentales. Il s’agirait d’une perte de repères, de la dissolution de notre identité dans une société riche, relativement sûre, confrontée à l’arrivée importante de populations non-chrétiennes, où chacun est préoccupé par ses droits individuels plus que par le bien commun. Alors que nous fêtons l’épiphanie où trois mages païens, non-juifs, viennent se prosterner devant l’enfant de la crèche, il y a de quoi être nostalgique. Il est loin le temps où l’on devenait chrétien par milliers.
« Ainsi parle le Seigneur : En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un juif par le pan de son vêtement en disant : Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous. » Il se pourrait que ce temps n’ait jamais existé, seulement prophétisé par Zacharie et mis en scène, mythiquement, au début de l’évangile de Matthieu ou dans quelques notices des Actes.
Qu’en est-il de l’épiphanie aujourd’hui ? Qu’en est-il de la manifestation à toutes les nations de la vie que Dieu nous offre ?
S’il s’agit d’établir un plan pour la mission, de nombreuses données doivent être prises en considération. Une analyse rigoureuse de la société est évidemment nécessaire. On apprendra à la connaître plutôt qu’à projeter sur elle des idées toutes-faites. On prendra connaissance de ses espérances et ses désirs. Tout cela est d’importance.
Je propose cependant autre chose. Je propose que nous nous interrogions, nous, Et si le recul de la foi, nous en étions responsables ? Ou, plutôt, car il ne sert jamais à rien de flageller, si, devant le recul inéluctable de la foi, nous ne jouions pas la bonne partition.
Les mages sont partis parce qu’une étoile était apparue, parce qu’un signe les avait intrigués dans le ciel et dans la nuit. C’est dans l’obscurité qu’a brillé la lumière. Nous pensons que notre société se traine bien loin de la lumière. Voilà qui ne devrait pas nous décourager. Il va être possible d’y faire briller un peu de lumière. Même si nous ne sommes pas brillants, même si nous ne sommes pas des lumières, s’il est une nuit, soyons-y au moins une lueur, un signe à l’Orient, un signe qui intrigue.
N’est-ce pas notre vocation baptismale ? N’avons-nous pas reçu le feu de la flamme pascale pour être lumière ? Quelle prétention. Ou plutôt, quelle responsabilité. J’y reviens. A supposer que notre monde soit dans la nuit, que ce que nous disons être nuit le soit effectivement, nous avons la responsabilité de porter la lumière reçue, le Christ reçu. C’est lui la lumière. Nous ne sommes chargés que de le porter, lui. Plutôt que nous de lamenter et gémir sur la nuit, dépêchons-nous d’apporter un peu de lumière.
Or, à regarder nos vies, sont-elles si différentes de la vie de ceux qui vivent sans Dieu, de ceux qui ont perdu tout repère ou s’ingénient à brouiller tous les repères, ainsi que nous disons ? En quoi l’évangile a-t-il mis le feu à nos vies pour y consumer la nuit ? Et s’il n’y avait aujourd’hui pas de mages venus de loin parce qu’il n’y a pas de signe, d’étoile à l’Orient qui intrigue au point de faire se déplacer ceux qui seraient dans la nuit.
L’épiphanie, si on la prend comme mission, comme la nécessité de la mission pour que soit manifestée au monde la lumière des nations, Jésus, pourrait bien être une critique radicale des disciples de Jésus. Qu’avons-nous de différents des autres qui ferait de nos vies des signes dans la nuit, puisque nous prétendons que le monde court à sa perte ? En quoi sommes-nous signes dans la nuit, lumières de porter la lumière du Christ ? Et si le monde n’est pas dans la nuit, porte le Christ sans même le savoir, le voyons-nous, le reconnaissons-nous ?
La société nous convoque à la conversion, à la sainteté, par son désintérêt-même de Jésus, par son rejet de l’Eglise (qui bien souvent ne peut être que sainement rejetée pour la santé du monde tant le péché y prospère).
Vous me direz, le monde ne veut pas de signe, il veut les évidences clinquantes. Nous aussi d’ailleurs. C’est possible. Car ils sont nombreux, mus par leur foi, mus par l’Esprit, à briller comme des lucioles dans le service des frères, particulièrement de l’humanité blessée. Mais alors, ce n’est plus notre travail. Si nous vivons de l’Esprit, cela finira bien par se voir. Dans la nuit du monde, car il y fait effectivement aussi nuit, que le feu de l’Esprit nous embrase comme autant de signes qui se dressent à l’Orient pour lever l’espérance de ceux qui ne se contentent jamais totalement des injustices, violences, haines, souffrances et morts. Ils sont nombreux.

lundi 25 décembre 2017

De quelle naissance parle-t-on ? (Noël jour)


Les textes du jour de Noël ne parlent pas de naissance. Nous ne connaîtrions qu’eux pour savoir ce qu’est Noël, il ne viendrait à l’idée d’aucun d’entre nous de parler de naissance. Et lorsque l’épître aux Hébreux parle d’un fils, de l’engendrement du fils, elle n’envisage pas la naissance de Jésus à Bethléem, mais sa résurrection, naissance à un monde nouveau, au « monde à venir ».
« Le fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la majesté divine dans les hauteurs des cieux ; […] Dieu déclara-t-il jamais à un ange : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? Ou bien encore : Moi, je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils ? À l’inverse, au moment d’introduire le premier-né dans le monde à venir, il dit : Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. »
Il est une tradition néotestamentaire qui place l’engendrement du fils à la croix, qui fait de la mort et de la résurrection de Jésus son engendrement. La naissance de Jésus, il n’y avait pas grand monde pour y assister, des bergers et des anges, selon Luc. Matthieu n’en dit rien. Viendront les mages, un peu plus tard. Quant aux autres textes, aucun ne parle de la naissance de Jésus.
Des anges, des mages, personnages littéraires. Il faudra se contenter si l’on veut des témoins des seuls bergers, de Marie et Joseph. Jésus naît comme tout le monde dans l’anonymat. C’est la vie de celui qui passait en faisant le bien qui le rendit célèbre. Après sa condamnation, alors même que tous les siens l’avaient abandonné, il y avait plus de monde pour assister à son exécution !
Un homme donc, dans sa mort, est engendré, reçoit le nom de fils de la part de Dieu. A personne cela n’était arrivé, pas même à un ange qui, « à l’inverse », reçoivent l’ordre de s’incliner devant ce fils d’homme.
On a craint dans cette théologie, un adoptianisme, Jésus ne serait pas Dieu dès sa naissance, mais aurait été adopté par Dieu dans l’acte de la résurrection. Je ne sais si ce risque altère la foi, mais l’on ne peut rétrospectivement juger les écrits néo-testamentaires à l’aune de l’orthodoxie définie quelques siècles plus tard. C’est plutôt la volonté de définir Jésus d’un point de vue métaphysique ‑ qu’est-il vraiment ‑ qui pourrait apparaître comme une impasse. Ce qu’est Jésus en soi et pour soi n’a pas de sens ; d’une part, nous ne pouvons connaître le mystère divin, d’autre part, lui qui est l’homme pour les autres, l’homme pour nous, comment pourrions-nous le connaître en dehors de ce qu’il est pour nous ?
Dans ces vieux textes est confessé qu’un homme qui passait en faisant le bien, un homme crucifié comme un criminel, est établi par Dieu comme son fils, c’est-à-dire est ressuscité. Mieux, il est le premier-né, ce qui suppose qu’il aura des cadets. « Ceux que d’avance il a connus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son fils, afin que celui-ci soit le premier-né d'une multitude de frères. » L’engendrement divin de Jésus indique la source du salut que les prophètes avaient annoncée, comme nous l’avons entendu dans la première lecture. « Comme ils sont beaux sur les montagnes les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut, et vient dire à Sion : ‟Il règne, ton Dieu !” » […] Éclatez en cris de joie, […] car le Seigneur console son peuple. […] Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. »
S’il est possible de sortir des impasses mortelles de la vie humaine, c’est qu’un homme est adopté par Dieu comme son fils et qu’ainsi tous, par lui, sont tirés de leurs enfermements. Comment ne pas penser à tous ceux auxquels, dans une assez grande indifférence, les projets de lois scélérates, préparés par le ministre de l’intérieur et l’ensemble du gouvernement, se proposent dans les faits de dénier la dignité humaine, sous prétexte que l’on ne pourrait pas accueillir toute la misère du monde ! La loi entérine le piétinement des droits de l’homme !
On pensera ce que l’on veut de l’accueil des migrants et réfugiés, mais on ne peut les traiter comme des sous-hommes, les laisser à la rue, les humilier, les chasser comme une vulgaire marchandise dont on ne veut pas. D’accord ou non avec la fermeture des frontières, ce sont des hommes, des femmes, des enfants. Nous avons le devoir de les traiter comme tels. Et à imaginer cinq secondes leur vie, nous avons de quoi comprendre ce qu’est l’attente d’un salut, ce que signifie être adoptés, comme les frères d’un premier-né.
Et si le père, c’est Dieu… Eh bien, c’est cela Noël. Ceux que notre pays rejette sont la parabole de Noël. Un salut pour sortir des impasses mortelles comme une bonne nouvelle criée à la terre entière, à pleins poumons, pour que tous les peuples la connaissent. Dieu lui-même se fait le père de l’homme, personne et communauté.
L’évangile de Jean le dit à sa façon, assez proche : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire. »

What birth is it that we are talking about?
Translated by Jean-François Garneau

Today’s liturgical texts tell us nothing about Jesus’ birth. Would these be the only texts we had to tell us what Christmas is, it would not occur to any of us to talk about Christ’s birth. And when the letter to the Hebrews speaks of a son, of the begetting of The Son, it does not envision the birth of Jesus in Bethlehem, but his resurrection, birth to a new world, to the "world to come."
"The son, who gives substance to the universe through his mighty word, having accomplished the cleansing of sins, sits at the right hand of the divine majesty in the heights of heaven; [...] Was it ever to a mere angel that God said, "You are my Son, today I have begotten you? Or again: I will be for him a father, and he will be for me a son? On the contrary, when he introduces the first-born into the world to come, he says: "Be prostrate before him all of you, angels of God."
A New Testament tradition places the begetting of the son on the cross, and makes of Jesus’s death and resurrection the real moment of his begetting. The biological birth of Jesus, there were not too many people who attended it: shepherds and angels, according to Luke. Matthew has no such guests. The mages will come a little later. As for the other texts, none speak of the birth of Jesus.
Angels, magi: all are mere literary characters. If one insists for witnesses, one will need to satisfy oneself with mere shepherds, together with Marie and Joseph. Like almost all of us, Jesus is born in anonymity. It is his life as a do-gooder that made him famous. After his conviction, even though all his of his family had abandoned him, there were still more people to watch his execution than there had been at the time of his birth!
A man, therefore, in his death, is begotten, receives the name of son from God. To no one had this ever happened, not even to the mightiest of angels who, "conversely", were ordered to bow down to this “son of man”.
Many have feared a fall into mere adoptionism in this theology, i.e.: the idea that Jesus would not be God from birth, but would merely have been adopted by God in the act of resurrection. I do not know if this risk alters the faith, but we can not retrospectively judge the New Testament writings by the yardstick of the orthodoxy defined a few centuries later. It is rather the desire to define Jesus from a metaphysical point of view - what is he, really - that could appear as a dead end. What Jesus is in himself and for himself is meaningless; on the one hand, we can not know the divine mystery, on the other hand, he who is man for others, man for us all, how could we know him apart from what he is and was, for us?
In these old texts, what is being confessed is that a man who passed for doing good, was established by God as his son, that is, was resurrected, even though he had been crucified like a criminal. Better still, he is declared the firstborn, which supposes that he will have younger brothers from now on. "Those whom he knew beforehand, he also predestined them to conform to the image of his son, that he might be the firstborn of many brethren." The divine begetting of Jesus indicates the source of salvation that the prophets had announced, as we heard in the first reading. "How beautiful are they, on the mountains, the steps of the messenger who announces peace, who brings the good news, who announces salvation, and comes to tell Zion,"He reigns, your God!" [...] Explode in shouts of joy, [...] for the Lord comfort his people. [...] All the far off of the earth have seen the salvation of our God."
If it is possible to get out of the deadly dead ends of mortal life, it is because a man was adopted by God as his son, and that all of us, through him, are drawn from our confinements. How can one not think, on this day, of all those against whom, in great indifference, rogue bills have been prepared by the Minister of the Interior and the entirety of his government. How can we not denounce the fact that these shocking laws are in fact intended to deny human dignity to these people, under the pretext that we could not welcome all the misery of the world! This law ratifies the trampling down of the rights of men!
We are fre to think whatever we want of the openness we should have towards migrants and refugees, but we can not treat them as sub-men, leave them in the street, humiliate them, chase them like a vulgar commodity that we do not want. Agree or not with the closing of our borders, they are men, women and children. We have a duty to treat them as such. And by simply empathizing five seconds with their lives, we have what’s needed to understand what it is to live in the expectation of salvation, and what it means to be adopted, like the brothers of a first-born.
And if the father in question is God ... Well, this is Christmas. Those whom our country rejects are the very parable of Christmas. A salute to get out of the deadly impasse, a good news shout out to the entire world, shouted at the top of one’s lungs, so that all the people of the earth learn it. That God Himself is the father of mankind, person and community.
The Gospel of John says just about the same thing in his own way: "He came to his own house, and his people did not welcome him. But to all who received him, he granted that they could become children of the Most High, they who believe in his name. For these generouys men, they are not born of blood, nor of a carnal will, nor of a man's will: they are born of God Himself. And that divine Word became flesh, He dwelt amongst us, and we have seen his glory."