vendredi 27 mai 2011

Prêts à rendre raison de l'espérance qui nous habite (6ème dim. de Pâques)

Soyez prêts à rendre raison de l’espérance qui vous habite. La lettre de Pierre invite à savoir expliquer à ceux qui nous le demandent ce que signifie l’espérance de notre foi.
Notre situation contemporaine, avec beaucoup de non chrétiens, ou d’anciens chrétiens, avec des peu ou pas croyants autour de nous, parmi ceux que nous aimons, enfants, familles, amis, donne à cette recommandation de Pierre un relief particulier.
L’’Eglise fit que l’Evangile traversait toute la société au point d’organiser toute la vie, de fixer les fêtes, de régler les comportements : rendre raison de son espérance, n’était pas vraiment une urgence. Puis, l’unanimité chrétienne s’est distendue ; on a alors compté sur les prêtres et les religieuses. N’étaient-ils pas les modèles des chrétiens, véritablement engagés dans la foi ?
Nous ne pouvons plus faire des prêtres et des religieux le modèle des chrétiens. Par leur baptême et leur confirmation, tous les disciples de Jésus ont de quoi vivre radicalement de l’Evangile. Les sordides affaires de mœurs, qui ont sans doute toujours existé mais auxquelles nous sommes à juste titre plus sensibles aujourd’hui, discréditent aussi, au moins partiellement, ces prétendus spécialistes de la foi.
Et puis, faire de certains les spécialistes de la foi, voilà une manière de ne pas se sentir responsable de l’Evangile. Or c’est à tous que la lettre de Pierre lance cet appel : Vous devez toujours êtres prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous.
Ceux qui réclament cette explication ne peuvent être tenus pour des ennemis de la foi. Ainsi, il n’y a pas dans cette présentation de la foi de défense, de combat. Il s’agit seulement d’expliquer pourquoi nous sommes disciples de Jésus, de mettre en évidence le sens de la vie chrétienne. S’agira-t-il d’une démonstration de puissance par quelque miracle ou quelque argument décisif ? Si Jésus n’est pas arrivé à convaincre, il y a fort à parier que nous n’y parviendrons pas non plus. Si nous sommes les disciples du Témoin fidèle, alors notre explication aura la couleur de ce qu’est un témoignage, sa faiblesse. En grec, témoignage se dit martyre.
Un témoin, rien ne prouve qu’il a raison. Il s’engage pour la cause dont il est solidaire. Qu’est-ce qui garantit qu’il n’est pas un faux-témoin ? Rien, si ce n’est peut-être qu’à son tour il est prêt à souffrir plutôt qu’à faire souffrir au nom de ce qu’il défend. Le témoin risque vite de se trouver accusé. C’est dire la fragilité de son témoignage. De fait, il nous est sans doute à tous arrivé de vouloir défendre le christianisme, et de nous trouver accusés de soutien à une institution dont certains épisodes de son histoire font honte.
Ainsi, une démonstration de force de notre foi est contraire à l’Evangile. N’est-ce pas ainsi que poursuit la lettre : Faites-le avec douceur et respect. […] Il vaudrait mieux souffrir […] C’est ainsi que le Christ est mort.
Mais pour expliquer, pour rendre raison de ce qui nous habite, encore faut-il avoir les mots. Certes, il y a le témoignage des œuvres. Mais il n’est pas de celui qui rend compte, qui explique. Il montre et c’est énorme, sans doute premier. Parfois cependant, il faut aussi expliquer. Comment le pourrons-nous si nous ne savons pas réfléchir notre foi, notre attachement au Christ, si nous n’avons pas les mots pour le dire ?
L’invitation, le commandement de la lettre apostolique est déjà une convocation pour nous-mêmes. Comment est-ce que je comprends ce que je vis ? Si je ne peux en rendre raison, je risque fort de cultiver une sorte d’ésotérisme, jamais garanti contre les pires dérives, jamais missionnaire. L’exigence apostolique situe la foi du côté d’une rationalité que le mot à mot grec de la lettre montre très explicitement. Cela signifie aussi que, pour intime qu’elle soit, notre foi n’est pas privée, incommunicable. Elle est la foi d’une communauté. C’est l’Eglise qui croit. Ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise, disons-nous à chaque eucharistie.
Expliquer, rendre raison, c’est accepter de réfléchir, de comprendre, et non répéter par cœur un catéchisme, appris il y a longtemps ou publié plus récemment. L’incitation apostolique ne veut pas faire de nous des perroquets d’un texte, même bien fait. Elle nous engage à un travail de l’intelligence. Quand en prenons-nous le temps et les moyens ? Quand prenons-nous le temps de nous former à la lecture biblique avec un niveau comparable à celui de notre culture générale ? Ne pas le faire, n’est-ce pas se moquer et de Dieu, et de notre foi, et de nous-mêmes et des autres ? Cela fait beaucoup !
Nos enfants, petits enfants, amis, posent des questions pleines de bon sens. Et nous ne pourrions pas même commencer à y répondre ? Ils ne pourraient que comprendre qu’en définitive notre foi ne compte pas tant que cela pour nous puisque nous ne pouvons pas même en rendre compte.

Seid stets bereit, jedem Rede und Antwort zu stehen, der nach der Hoffnung fragt, die euch erfüllt. Der Petrus Brief läd uns dazu ein, daß wir erklären können, denen die uns danach fragen, was die Hoffnung unseres Glaubens bedeutet.
Die heutige Situation, mit vielen Nicht-Christen, oder ehemaligen Christen, mit Leuten nicht oder wenig gläubig, um uns herum, unter denjenigen die wir lieben ‑ Kinder, Familie, Freude – bringt diese Empfehlung von Petrus einen besonderen Sinn dar.
Die Kirche machte, daß das Evangelium die ganze Gesellschafft und das ganze Leben organisierte, setzend die Feste fest, regulierten das Verhalten. Zur dieser Zeit, war Rede und Antwort zu stehen nicht zwingend. Nachher, löste sich die allgemeine Zustimmung auf ; man zählte auf Priester und Ordensschwestern. Waren sie nicht das Vorbild des Christseins und im Gauben wirklich engagiert ?
Wir können nicht mehr Priester oder Ordensbrüder und Schwester als Vorbild nehmen. Durch seine Taufe und Firmung, kann jeder Jünger Christus nach dem Evangelium radikal leben. Priester oder Ordensleute als Vorbild zu nehmen, bedeutet, daß man sich für das Evangelium nicht verantwortlich fühlt. Nun der Petrus Brief ruft dazu : Seid stets bereit, jedem Rede und Antwort zu stehen, der nach der Hoffnung fragt, die euch erfüllt.
Diejenigen die nach unserer Hoffnung fragen, können nicht fremd zu dem Glauben gesehen werden. So, die Vorstellung des Glaubens besteht nicht in Verteidigung oder Kampf. Es handelt sich nur darum, daß wir erklären, warum wir Jünger Christus sind, wie das Leben der Christen sinnvoll ist. Keine Gewaltdemonstration durch welche Wunder geschehen oder ein entscheidendes Argument. Wenn Jesus seine Gegner nicht überzeugen konnte, wie können wir dann überzeugen ? Wenn wir Jünger des treuen Zeugens sind, unsere Erklärung wird so wie ein Zeugnis aussehen, nämlich schwach. Auf griechische Sprache Märtyrer bedeutet Zeuge.
Nichts beweist, daß der Zeuge recht hat. Der Zeuge engagiert sich und teilt das Los des anderen. Was beweist, daß er kein falscher Zeuge ist ? Nichts, außer das, daß er bereit ist, mehr selbst zu leiden im Namen dessen er bezeugt, als leiden zu lassen. Der Zeuge läuft Gefahr, als Angeklagter zu erscheinen. Sehet wie das Zeugnis immer schwach ist ! Und zwar, haben wir alle das erfahren, als wir das Christsein verteidigen, uns als Angeklagter wiederzufinden, zum Beispiel, eine Institution zu stützen, dessen Rolle in der Geschichte nicht immer schön war.
Ein Gewaltargument ist für unseren Glauben dem Evangelium entgegengesetzt. Ist es nicht das, was wir im Petrus Brief lesen können : Antwortet bescheiden und ehrfürchtig […]. Es ist besser […] zu leiden. […] Den auch Christus ist […] gestorben.
Um die Hoffnung die uns erfüllt zu erklären, um sie widerzuspiegeln, sollen wir die Worte dazu haben. Zwar gibt es das Zeugnis von den Werken. Aber, gilt es nicht wenn wir erklären sollen. Es zeigt, und das ist viel, sicher das wichtigste. Manchmal doch, dürfen wir auch erklären. Wie könnten wir es tun, wenn wir unserer Glaube nicht verstehen, wenn wir unsere Anhänglichkeit an Christus nicht reflektieren ?
Die Einladung, der Befehl des apostolischen Briefes ist schon jetzt ein Vorgeschmack für uns selbst. Wie verstehe ich, was ich lebe, was ich glaube ? Wenn ich das nicht erklären kann, würde ich stark esoterisch sein, mit dem Risiko von schlimmsten Abdriften, ohne Missionsgeist. Der apostolische Befehl stellt den Glauben wie etwas Rationales hin. Unser Glaube ist sicher nicht privat, sondern mitteilbar. Er ist der Gaube einer Gemeinschaft. Die Kirche glaubt, wie wir es jeden Sonntag sprechen : Schau nicht auf unsere Sünden, sondern auf den Glauben deiner Kirche.
Erklären, widerspiegeln, bedeutet nachzudenken annehmen, verstehen möchten, aber nicht widerholen, zum Beispiel ein Katechismus, früh erlernt oder vor kurzem veröffentlicht. Der apostolische Befehl verlangt keinen Papagei eines Textes, sicher gut gedacht. Er läd uns zu einer Arbeit der Intelligenz ein. Wann nehmen wir uns dazu Zeit und Mittel ? Wann nehmen wir uns Zeit um uns dazu auszubilden, einen biblischen Text zu lesen, mit einem Niveau vergleichbar mit unserer Allgemeinbildung ? Dies nicht zu tun, wäre es nicht über Gott spotten, über unseren Glauben, über uns und über die Anderen ?

Unsere Kinder oder Enkelkinder, unsere Freude stellen sinnvolle Fragen und wir könnten nicht damit anfangen, sie zu beantworten ? Sie könnten nur verstehen, daß unser Glaube keine wichtige Rolle für uns spiele, da wir nicht bereit sind, Rede und Antwort zu stehen.

samedi 21 mai 2011

Voir ou croire, il faut choisir (5ème dim. de Pâques)

Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.
Nous n’avons pas attendu le 21ème siècle pour affirmer que si nous pouvions voir Dieu, nous croirions. Le problème, c’est que c’est impossible. Croire et voir s’excluent, ou bien, pour le dire autrement, mais ce n’est qu’un cas particulier du principe précédent, si Dieu est Dieu, on ne saurait le voir. Voir et Dieu s’excluent.
En effet, voir Dieu, cela signifierait pouvoir l’observer, l’objectiver, le poser sous nos yeux, entre nos mains, le retourner comme un objet curieux, ou un objet à étudier. Voir Dieu, signifierait mettre Dieu au rang de ce qui est observable, scrutable, comme un atome ou une souris, un poireau ou n’importe quel objet de connaissance, et plus précisément de connaissance scientifique.
Qui s’étonnera de ce que parler de Dieu comme d’un poireau ou d’un atome, ne permette pas d’en dire beaucoup de choses pertinentes ? C’est un peu comme regarder un éléphant au microscope. Pire encore. Vous ne pouvez rien voir, ou alors ce que vous verrez ne sera pas Dieu, mais une caricature, ce que l’on appelle une idole. L’idole est précisément un objet en forme de Dieu. Ou bien ce que serait Dieu s’il était objet, objet observable ou objet de connaissance.
Voilà pourquoi entre Dieu et voir, il faut choisir.
Montre-nous le Père et cela nous suffit. La demande que nous faisons, et nous nous étonnons qu’elle ne puisse trouver réponse, est stupide, aussi stupide que de vouloir trouver l’amour au bout du scalpel ou dans l’observation au microscope. S’il s’agit de Dieu, ou bien tu crois, et alors tu verras quelque chose, ou bien tu veux voir, et tu ne verras rien.
Il n’y a rien de spécifique à Dieu là dedans. C’est la même chose pour l’amour. C’est la même chose pour la confiance. Vous ne pouvez rien voir de l’amour. N’essayez pas de disséquer les amoureux ou leur cerveau ! Et pourtant, qui doute de cet amour ?
Le conjoint qui ferait suivre son conjoint pour voir la fidélité de ce dernier ne pourrait plus l’aimer parce qu’il ne lui ferait plus confiance, parce qu’il ne croirait plus en lui. Entre croire et voir, il faut choisir. Et si vous ne voulez pas renoncer à voir, vous vous privez de beaucoup de choses. Car sans voir, sans observer, mais en faisant confiance, on voit ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu et qui pourtant s’offre à nous, et qui pourtant s’adresse à nous.
On peut choisir de vivre dans un monde à taille réduite, aussi petit que ce qui est observable, ce qui n’est pas mal, certes. On peut opter pour un monde plus grand, celui qui connaît l’amour, l’amitié, la confiance, l’humanité.
Non, l’homme n’est pas un animal raisonnable, un mixte, avec de l’observable et de l’immatériel. L’homme est un existant, quelqu’un qui existe en sortant de soi, dans l’extase. Il n’est pas dualité, mais il est ce qu’il advient dans l’ouverture. Quelqu’un qui existe en s’aventurant, en se livrant à l’inconnu, à l’invisible qui se révèle être son plus intime. L’homme advient par l’ouverture à ce qu’il n’est pas et qui est précisément ce qui le fait être, l’autre.
Tous, nous le savons. Tous nous le vivons quoi que nous en disions. Tous, nous nous en remettons à l’autre pour être nous. La démarche n’est pas propre à la foi, à la confiance en Dieu. Elle est humaine. Si la foi en Dieu est possible, si l’on peut connaître Dieu sans le voir, c’est justement parce que nous sommes ainsi faits d’être nous-mêmes à être ouverts à ce que nous ne sommes pas, d’être ouverts à ce que nous ne pouvons pas manipulés, tenir là, sous la main, comme un outil.
Alors, si une question se pose par rapport à Dieu, ce n’est pas celle de le voir ou de le montrer. C’est de savoir si parmi les multiples formes de l’altérité qui surgissent dans l’ouvert de l’homme, Dieu est requis. Jésus témoigne d’un Dieu qui est hospitalité, accueil de tous. Jésus témoigne d’un Dieu qui se retire si l’homme ne veut point de lui, sans que l’homme ne soit moins homme à se couper ainsi de lui. Jésus témoigne d’un Dieu qui veut s’unir l’humanité, comme un époux, de sorte que l’unité entre Jésus et le Père soit ce que nous puissions vivre aussi.
Ainsi, il montre le Père. Evidemment sans le faire voir. Seulement en indiquant à quel type de Dieu nous avons affaire.

vendredi 13 mai 2011

L'Eglise a trop mal parlé des prêtres. (4ème dim. de Pâques - Prière pour les vocations)

Le quatrième dimanche de Pâques est appelé dimanche de prière pour les vocations. Vocation de prêtre ou vocation de baptisés ? Vocation de quelques uns ou vocation pour tous.

La théologie du dernier concile parle de vocation universelle à la sainteté. Tous les chrétiens sont appelés par le Christ, et non pas seulement quelques uns. Ce à quoi ils sont appelés, ce n’est pas à un état de vie, mais à la vie ordinaire, c’est-à-dire à la sainteté.
Dans le texte que nous venons d’entendre, Jésus n’appelle d'ailleurs pas à tel ou tel style de vie, mais à la vie, la vie en plénitude. Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. Jésus ne veut pas de prêtres, de religieuses ou de moines, mais seulement des personnes vivantes, qui aient la vie en abondance.
Le but de Dieu, son plan ou son dessein pour nous réside seulement, si l’on peut dire, dans le fait que nous soyons vivants, que nous soyons vraiment vivants, comme lui, ce qui s’appelle la sainteté. Peu à peu dans l’histoire des chrétiens, l’Evangile, la bonne nouvelle, a été exprimé toujours plus techniquement. Jésus parle la langue commune, une langue concrète avec des portes, des brebis, un voleur. Il ne parle pas de rédemption, d’incarnation, de consécration.
Aujourd’hui, alors que nous ne sommes plus en chrétienté (si jamais on l’a été un jour), nous devons parler comme Jésus. Le vocabulaire technique, en théologie, n’est plus possible parce que, pour les chrétiens eux-mêmes, il ne fait plus sens.
La vocation chrétienne réside seulement en ce que nous ayons la vie, la vie en abondance. Nous devons un instant oublier notre théologie, même notre petite théologie de poche, pour pouvoir entendre l’évangile, pour vivre de l’évangile. Une déconstruction du vocabulaire est nécessaire pour que nous puissions de nouveau entendre l’évangile.
La vie est naturellement autre chose qu’une affaire de biologie. La vie humaine est une vie spirituelle, une vie divine. Vie non pas surnaturelle ; la nature de la vie de l’homme, c’est la vie de Dieu, celle qu’il nous donne depuis toujours, sa sainteté. La vie en abondance est sa vie. Le fils de l’homme est venu pour que nous vivions de lui, par lui, avec lui et en lui.
Certes, il n’existe pas de vie humaine en dehors d’une vie spécifique. Nous ne vivons pas abstraitement et nous ne pouvons pas faire autrement que d’exercer une profession, de choisir un état de vie, de répondre à l’appel de la vie. Ce que nous faisons, ce que nous choisissons, Dieu ne l’a pas prévu, décidé. Il ne souhaite, il n’espère qu’une chose, que nous soyons vraiment vivants, que nous ayons la vie en abondance.
L’Eglise a trop mal parlé des prêtres. Elle a exalté toujours plus la soi-disant grandeur du presbytérat. Nous pourrions facilement montrer comment et pourquoi. Mais nous devons clairement affirmer que Jésus, et aussi les premiers chrétiens, n’ont jamais pensé à des prêtres. L’Evangile et le Nouveau Testament ne connaissent le mot de prêtre que pour les Juifs et les païens. Mais à l’intérieur de la fraternité chrétienne, il n’y a pas de prêtre parce qu’il n’y a pas de différence, ni Juifs ni Grecs, ni esclaves ni hommes libres, ni hommes ni femmes, car vous êtes tous un dans le Christ Jésus. (Ga 3,28)
Si nous voulons parler des prêtres, nous devons parler de service, et en fait, c’est ce dont on ne parle pas. Si nous voulons parler des prêtres, nous devons seulement dire que les prêtres n’ont pas d’importance, si ce n’est d’indiquer que la fraternité n’a pas en elle-même sa source mais qu’elle la reçoit du Christ, parce qu’il est lui, le Christ, le fondement de la communauté. C’est une évidence qu’on ne devrait pas pouvoir oublier, et que pourtant, comme l’humanité entière, nous oublions. Les prêtres ne sont là, quand ils ne font pas le contraire, que pour cela, indiquer le principe que l’on oublie parfois, seul le Christ fait vivre son Eglise.
Les prêtres sont dans la communauté les serviteurs d’une absence. Celui qui rassemble n’est pas là et personne ne doit prendre sa place et pourtant personne ne doit pouvoir oublier cet absent. D’ailleurs, prendre sa place reviendrait à l’oublier, à l’effacer. Etre prêtres pour les chrétiens, consiste seulement à ce que le Christ ne soit jamais oublié. Cela ne peut pas signifier, y compris de la part des prêtres eux-mêmes, prendre la place du Christ, ce qu’ils ont trop fait. Les prêtres ne doivent pas prendre la place de Jésus, parce que Jésus n’est pas là quand un prêtre est là, mais quand deux ou trois sont rassemblés, quand la fraternité est la norme des relations humaines.
Serviteurs d’une absence et non participants d’un pouvoir. On n’en a pas besoin de beaucoup. Quelques uns suffisent pour que tous témoignent que Dieu souhaite que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance.



Dieser Sonntag, der vierte Ostersonntag, ist der Tag für das Gebet für die Berufung. Der Sonntag der geistlichen Berufung. Berufung zur Priestertum oder Berufung zum Christsein ? Berufung von einigen oder Berufung für jeden ?
Mit der Theologie des letzten Konzils, spricht man heute von der allgemeinen Berufung zur Heiligkeit. Alle Christen sind durch Christus berufen, nicht nur einige. Das, zu dem alle berufen sind, ist kein Lebenszustand, sondern das Alltagsleben, es bedeutet die Heiligkeit.
In der Tat können Sie bemerken, in dem Text den wir eben gehört haben, daß Jesus nicht zu einem oder anderem Leben ruft, sondern zum Leben, zum Leben in Fülle : Ich bin gekommen, damit sie das Leben haben und es in Fülle haben. Jesus wollte keinen Priester, keine Schwester oder Mönche, nur Leute die lebendig wären, die das Leben in Fülle hätten.
Das Ziel Gottes für uns, der Plan oder die Absicht Gottes für uns, ist nur das, wenn wir sagen können, daß wir leben, daß wir wirklich leben, so wie er, das heißt, die Heiligkeit. Allmählich in der Geschichte der Christen, ist das Evangelium, die Frohe Botschaft, immer technischer geworden. Jesus sprach eine Umgangssprache, eine Alltagssprache, eine konkrete Sprache mit einer Tür, oder Schafen, oder einem Dieb und einem Räuber. Es gibt keine Erlösung, keine Inkarnation, keine Konsekration.
Und heute, wenn wir nicht mehr in einer christlichen Welt sind, (und ich weißt nicht ob ein solches Welt einmal existierte) sollen wir so wie Jesus sprechen. Der technische Wortschatz, im theologischen Raum, ist nicht mehr möglich, weil er, auch für die Christen, keinen Sinn mehr bekommt.
So besteht die christliche Berufung nur darin, daß wir leben, daß wir das Leben in Fülle haben. Wir sollen ein Moment unsere Theologie, auch unsere TaschenTheologie vergessen, um das Evangelium hören zu können, um aus dem Evangelium leben zu können. Ein Abbau ist nützlich, damit wir das Evangelium wieder hören können.
Das Leben ist natürlich, nicht nur eine Sache von Biologie. Das Menschenleben ist natürlich ein geistliches Leben, ein göttliches Leben. Nichts übernatürliches, nur natürliches, weil, vom Anfang an, Gott sein eigenes Leben uns gibt, seine Heiligkeit. Das Leben in Fülle ist sein Leben. Der Menschensohn ist dafür gekommen, damit wir leben aus ihm, durch ihn, mit ihm, in ihm.
Zwar existiert das Menschenleben nicht außer einem bestimmten Leben. Wir leben nicht auf abstrakte Weise und zwar können wir nicht anders tun, einen eigenen Beruf aus zu üben, eine persönliche Art dem Ruf des Lebens zu antworten. Was wir machen, was wir wählen, das hat Gott nicht gewollt, nicht vorgeplant. Was er nur wünscht, was er nur hofft ist das wir wirklich lebendig sind, das wir das Leben in Fülle genießen.
Es sieht heute so aus, also ob ein Priesterleben kein lebendiges, kein echtes Leben wäre. Heute gibt es keinen Grund in Europa um Priester zu sein. Priester sein ist erfolglos. Die Heiligkeit ist heute kein Privileg einer Gruppe von Christen. Und wir werden nicht von dem Skandal der Pädophilie sprechen.
Ich denke, die Kirche hat zu schlecht über das Priestertum gesprochen. Sie wollte immer mehr die vermeintliche Größe des Priestertums ausdrücken. Wir könnten leicht zeigen wie und warum. Aber wir dürfen stark betonen, daß Jesus, und auch die ersten Christen, nie an Priester gedacht haben. Das Evangelium und das Neue Testament kennen sicherlich das Wort Priester, für die Juden oder für die Heiden. Aber es gibt innerhalb der ersten christlichen Brüderlichkeit keinen Priester, weil es keinen Unterschied gibt, nicht mehr Juden und Griechen, nicht Sklaven und Freie, nicht Mann und Frau; denn ihr alle seid «einer» in Christus Jesus (Ga 3,28).
Wenn wir über Priestertum sprechen möchten, dürfen wir vom Dienst sprechen, und genau, von Diener spricht man nicht. Wenn wir über Priestertum sprechen möchten, dürfen wir nur sagen, daß das Priestertum keine Wichtigkeit hat, sondern nur darauf hinweisen soll, daß die Brüderlichkeit, ihren Grund nicht in sich selbst hat, sondern daß, sie es von Christus bekommt, weil das Fundament der Gemeinde Christus selbst ist.
Die Priester sind für die Gemeinschaft der Christen die Diener einer Abwesenheit. Der, der sie versammelt, ist nicht hier : niemand darf seine Stelle einnehmen, jedoch es ist auch nicht möglich ihn zu vernachlässigen. Priester sein für die Christen, besteht nur darin, daß Jesus nie vernachlässigt wird. Es kann nicht bedeuten, auch für die Priester selbst, die Stelle Jesu einzunehmen. Das würde bedeuten Jesus zu vernachlässigen, und das haben die Priester zu viel gemacht ! Die Priester dürfen auch nicht die Stelle Jesu einnehmen, weil Jesus nicht da ist wenn ein Priester da ist, sondern wenn zwei oder drei versammelt sind, wenn Brüderlichkeit die Beziehungen der Menschen regiert.
Diener einer Abwesenheit und nicht Machthaber. Viel, brauchen wir nicht. Einigen genügen dafür, alle zeugen davon, daß Gott das Leben in Fülle für die Menschen wünscht.

dimanche 8 mai 2011

L'amour du frère est prière (Lc 24 - 3ème dimanche de Pâques)

Reste avec nous, il se fait tard.
Nous pourrions entendre cette invitation comme un geste de charité, d’hospitalité. Un inconnu est invité par deux hommes effondrés, tout tristes. Ils ont perdu celui en qui ils avaient mis leur espoir. Ils ne comprennent rien non seulement à cette mort révoltante, celle du juste, par leurs autorités et non par l’occupant romain ; mais aussi à ce que disent les femmes : le corps a disparu.
Un geste de charité par des paumés. Même dans la peine, même pris par l’effroi, on ne va pas laisser l’autre se hasarder sur les routes la nuit tombée. Oh certes, si on leur cherche de bonnes raisons, si on veut diminuer – mais pourquoi ? – leur générosité, on pourra dire qu’ils ont été heureux de ces quelques kilomètres fait ensemble. Mais quel geste est complètement désintéressé ? Mais le fait d’être heureux d’inviter diminue-t-il la générosité de l’invitation, la vérité de l’hospitalité ?
Ils ne savent pas qui ils invitent ; ils ne savent pas encore que leur cœur était tout brûlant pendant que l’inconnu cheminait avec eux. Et ils offrent l’hospitalité. Et ils font une prière ; reste avec nous, il se fait tard.
C’est incroyable cette histoire. On dirait le jugement dernier de Mt 25. Ils ignorent qu’ils rencontrent le Seigneur mais l’accueillant comme un des petits, c’est lui qu’ils accueillent. Priant l’inconnu, c’est le Seigneur qu’ils prient.
La charité se fait prière. L’amour du frère est prière. On ne pourrait le dire plus explicitement. Les deux commandements ne font qu’un.