samedi 28 septembre 2013

Faire main basse sur l'évangile (26ème dimanche C)

Le catholicisme a perdu la classe ouvrière, disait-on. Le catholicisme occidental voit ses effectifs s’effondrer avec l’accroissement de la richesse. Et c’est vrai partout dans le monde, plus on est aisé, moins on est croyant. Ce n’est pas pour rien si la majorité des chrétiens se trouve aujourd’hui dans l’hémisphère sud. Un riche et le pauvre Lazare…
Inversement, les communautés qui demeurent dans les pays riches sont plutôt constituées de gens aisés. Nos communautés ne sont évidemment pas monolithes, mais force est de constater que leur sociogramme ne coïncide pas avec celui de la société. Les riches auraient-ils fait main basse sur l’Eglise ? Les propos de François, pape venu de l’hémisphère sud, pourraient le laisser entendre. Un riche et le pauvre Lazare…
Il ne s’agit pas de culpabiliser ou de faire la leçon. En s’interrogeant sur une évidence, aussi désagréable soit-elle, il s’agit seulement de ne pas passer à côté de l’évangile. L’évangile est provoquant, intempestif et, si nous ne voulons pas l’entendre, pouvons-nous encore nous dire disciples de Jésus ?
Il s’agit tellement peu de faire la leçon qu’il faut commencer par recevoir une leçon. Nos communautés chrétiennes sont généreuses. Elles ont entendu que le pauvre Lazare est le frère dont nous sommes responsables. Combien de milliards d’euros nos communautés occidentales donnent-elles chaque année en dehors de l’impôt ou des structures étatiques et obligatoires qui régissent la solidarité et le partage ?
Nos communautés riches font d’ores et déjà du partage une dimension importante de leur vie. Mais alors, la parabole aura-t-elle encore quelque chose à nous apprendre ? Pourquoi l’écouter encore si nous avons intégré sa leçon, si nous sommes exemplaires et qu’à bien des égards, les chrétiens sont des prophètes du partage dans ce monde ? On ne va pas faire la liste des ONG catho qui viennent au secours des plus pauvres. En cette année de quatre centième anniversaire de l’œuvre saint Louis, nous pouvons nous réjouir d’avoir reçu en héritage une institution qui fait du don le centre de ses actions, qui, au nom de l’évangile, vient en aide à ceux qui en ont besoin à hauteur d’au moins 250 000 euros par an !
Le riche et le pauvre Lazare… Pourquoi cet antagonisme évangélique entre richesse et évangile ?
Le riche est celui qui fait main basse sur tout ce qu’il veut. C’est celui qui possède. Sans doute légalement, il a acheté, ou du moins se faisant croire que sous prétexte qu’il a de l’argent il peut tout se permettre, acheter ce qu’il veut, les esclaves d’aujourd’hui, le travail des enfants, etc. On est dans la loi, dans la morale, on peut sans que rien ne soit dit, mettre la main sur tout ce qu’on veut et participer à l’exploitation des plus pauvres. C’est ainsi que nos pays ont colonisé ceux que nous disons aujourd’hui pays pauvres, c’est ainsi que l’on peut comprendre qu’en cette période de crise, les plus riches, certains d’entre nous sans doute, ce sont enrichis encore, alors que les plus pauvres le sont davantage.
Les riches, nous, allons jusqu’à faire main basse sur l’Eglise. Et là se noue l’antagonisme, de façon non pas plus grave, mais plus terrible. Au nom de l’évangile, on tue l’évangile. En défendant l’évangile, nous les riches, nous l’annulons. Et François dénonce le scandale. La saillie de la semaine : « On ne connaît pas Jésus en première classe. » Certains applaudissent, d’autres sont gênés, mais n’osent trop rien dire. Les évêques en ont pris plein la mitre, mais qu’en est-il de nous tous qui sommes aisés ? Faudra-t-il comme saint François tout donner, tout abandonner ? Un copain me confiait il y a quelques temps qu’avec 6000 euros par mois à deux salaires avec deux enfants, ils n’avaient pas l’impression d’être riches…
Les riches font main basse sur l’Eglise non seulement en versant ou pas le denier de l’Eglise. C’est une manière comme une autre de prendre le pouvoir sur les prédications. Les riches font main basse sur l’Eglise en occupant l’espace. Les pauvres, ici comme ailleurs, ont droits aux marges. Les riches font main basse sur l’Eglise parce qu’ils ont réussi à se faire les défenseurs de l’évangile. Ils sont du bon côté même s’ils se moquent dans les faits de tout ce chapitre de Luc qui crie l’opposition entre richesse et évangile.
Comme ces paroles sont dures ! Qui pourra les entendre ? Un riche et le pauvre Lazare… Je ne sais pas que dire de plus. Je sais bien que je suis du côté des riches. Est-ce une raison pour ne pas entendre l’intempestif, la violence de l’évangile ? Ce n’est pas parce que nous ne savons pas que faire, ne savons pas changer nos vies et le monde qu’il faudrait ne pas entendre l’évangile et sa violence provocatrice. Un riche et le pauvre Lazare…

samedi 14 septembre 2013

" C'était mon fils et je l'aimais" (24ème dimanche C)

L’évangile de Luc est parfois appelé évangile de la miséricorde. Le chapitre quinze que nous venons de lire avec ses trois paraboles mais aussi plusieurs traits spécifiques comme le pardon au « bon » larron, explique cette dénomination. L’opposition suscitée par l’attitude de Jésus, par sa manière d’être d’amour et de pardon, n’en est que plus violente. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Peut-on tout pardonner ? Peut-on frayer avec les salauds d’hier et d’aujourd’hui ? Un drôle de type, avec un fils sans doute un peu rangé des voitures depuis quelques années, mais qui avait un casier chargé, a dit à l’occasion de l’assassinat de ce fils à Marseille la semaine passée : C’était mon fils et je l’aimais.
Les pharisiens et les scribes de la presse, de ses lecteurs, qui n’allaient pas pleurer sur un règlement de compte dans le milieu, nous donc, en avons eu pour notre grade. Leçon d’évangile, non qu’il faille canoniser ce père, leçon de vie, dictée par ses seules entrailles : C’était mon fils et je l’aimais.
Entrailles, c’est l’étymologie du mot miséricorde. Etre pris aux trippes, mieux, car ce n’est pas l’estomac dont il s’agit, mais de la matrice, des entrailles maternelles qui ont porté tous les enfants du monde et qui se révoltent, blessées à mort par la mort de leurs fruits.
Une semaine avant, à Aranjuez, un tableau de la mort d’Absalon. Et devant ce fils suspendu dans les branches d’un arbre, résonne le cri du père, David, qui apprend la nouvelle de la mort de son traite de fils, de celui qui était décidé à le tuer pour prendre sa place. Absalon, mon fils, mon fils, Absalon. C’était son fils, et il l’aimait.
C’était dimanche sur France culture, devant Eichmann en sa prison ou Saddam Hussein sortant hirsute de son trou à rats, devant l’homme à terre, même bourreau, peut-on tirer, faire feu, ignorer, ne pas être pris aux entrailles ? Pourtant, cette semaine encore, des rebelles syriens se sont vengés sans jugement aucun en exécutant leurs prisonniers de guerre. Pourtant nous sommes ou avons été jaloux d’un frère ou une sœur pardonné, pourtant nous sommes intraitables avec les salauds. Que l’on partage son repas avec eux nous révulsent.
Les paraboles du chapitre quinze, la confession d’un père orphelin de son fils et la lamentation de David nous empêchent de parler comme nous le faisons, scandalisés par l’injustice de la réhabilitation des pécheurs, ce qui nous semble l’injustice de la réhabilitation des pécheurs. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Dieu aime, comme un père, inconditionnellement. Il n’y a aucune condition à l’amour de Dieu. Contrairement à ce que nous racontons souvent, au caté ou ailleurs. Si tu es sage, si tu fais des sacrifices, si tu agis bien, le Seigneur sera ton appui. Même les psaumes disent cela. C’est mon fils et je l’aime dit Dieu. Tu es mon fils, ma fille, et je t’aime dit Dieu. Or le Seigneur ignore le conditionnel. Voilà un temps qui ne s’enseigne pas dans les écoles du paradis, ou alors seulement pour rêver : si les hommes étaient comme leur père, amour et vérité se rencontreraient, justice et paix s’embrasseraient.
Ce qui rend non seulement acceptable mais indispensable cette inconditionnalité divine, ce n’est pas que même des hommes en soient capables, comme ce marseillais, comme David. C’est que nous sommes des salauds. Il ne s’agit pas de misérabilisme, de coulpe battue pour s’humilier et ainsi se croire humble.
L’inconditionnalité de l’amour du Père nous révèle à nous-mêmes tels que nous sommes, non pour nous écraser, mais au contraire pour nous relever, nous ressusciter. Evangile de résurrection que ce chapitre. L’inconditionnalité de l’amour est bonne nouvelle, est l’évangile. Nous voulons accueillir cet amour inconditionnel pour nous-mêmes alors nous ne pouvons qu’y consentir en faveur de tous. Comment pourrais-je réclamer que les publicains et les pécheurs soient laissés à leur vilénie si je veux être relevé de la mienne ?
C’est seulement cela, si l’on ose dire, la vie éternelle. Etre cherché, retrouvé, relevé par l’amour inconditionnel. Pour accomplir le dessein de l’amour du Père, le fils nous aima jusqu’à l’extrême. Et nous sommes vivants. Relevé, c’est ainsi qu’on dit ressuscité en grec.
Nos paraboles parlent effectivement de résurrection. C’était mon fils et je l’aimais. En disant cela, le père écrasé par la douleur relève son fils de son mal et interdit toute condamnation facile et posthume. Saluant son fils, il en sauve la mémoire. Le père de la parabole ne fait pas autre chose. Son amour est salut, relèvement, ce que l’on appelle résurrection. Mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie. Et pour que nous entendions bien la bonne nouvelle de la résurrection, parce que nous ne ouvons espérer la vie pour nous sans la vouloir pour les frères, même détestés, l’évangile répète : ton frère était mort et il est revenu à la vie.

vendredi 13 septembre 2013

Canonisation de Jean-Paul II ?

Pour notre plus grande joie, la réception de Gustavo Gutierrez ressemble à la nomination par Jean XXIII des Congar, Lubac et autres comme experts au concile.
Pour notre plus grande tristesse, cela donne raison à nos réserves sévères quant aux deux précédents pontificats, qu'il faudra juger aussi impartialement que ceux de Pie XII et Pie X, quoi qu'il en soit de la canonisation du dernier et de celle proche de JP II. Et je n'invente rien, tout cela est écrit dans les livre de G. Miccoli, Le pontificat de JP II, un gouvernement contrasté, Lessius, Bruxelles 2012 (l'édition italienne est de 2007).
Avec la théologie de la libération, il y eut le limogeage de Pedro Arrupe. Par deux fois en deux mois, François est allé se recueillir sur sa tombe au Gésu. Il y eut l'aveuglement devant ce brigand pervers de fondateur des Légionnaires. Et si vous avez besoin d'aide pour allonger la liste, allez lire Miccoli ! Et l'on n'aura pas même besoin de parler de ce qui a conduit B XVI à démissionner (Quel humble pasteur !).
L'Eglise ne veut pas se déjuger. Même François n'en est pas là. Il n'aura pas le cran de ne pas canoniser JP II. Il se contente de réhabiliter. Dans la liste des réhabilités, il faut ajouter Romero.
Désolé d'avoir eu raison à critiquer les précédents pontificats. Désolé pour ceux que ces lignes exaspéreront, encore plus pour le risque d'insultes que je recevrai, mais assez de la papolâtrie, que le Pape mène bien la barque ou non d'ailleurs. Nous ne sommes pas les disciples du Pape, mais du Christ.

samedi 7 septembre 2013

Le savoir de la foi (23ème dimanche du temps C)

L’extrait du livre de la Sagesse (9,13-18) que nous avons entendu expose une théorie de la connaissance. Qu’est-ce que l’homme peut savoir de Dieu, alors que déjà il ne comprend pas grand-chose au monde qui l’entoure ? Que peut-il savoir sans Dieu qui lui envoie la sagesse ? Ce qu’il y a de droit dans la connaissance de l’homme, c’est ce qui vient de Dieu, ce qui est conforme à la sagesse divine.
Je ne conteste pas la limitation de notre connaissance. Ce que nous savons chacun est si peu par rapport à ce que nous savons ensemble, et ce savoir de l’humanité est fort peu, aussi impressionnant soit-il, par rapport à ce que nous ignorons encore.
Je ne conteste pas non plus le mouvement descendant de la connaissance. Ne dit-on pas : une idée m’est venue. Cette idée, qui est bien de moi, c’est comme si elle m’était venue d’ailleurs. Rien de mieux que le mythe pour exprimer ce statut paradoxal de la connaissance. On trouve cela chez Platon qui ne renierait rien des versets du livre de la Sagesse. Reste juste à dire ce que cela veut dire. Si on avait eu recours au mythe c’est justement parce que l’on ne savait pas rendre compte de ce qu’est la connaissance, mienne et cependant transcendante.
Je ne conteste pas enfin que la justesse de la connaissance puisse s’exprimer comme conformité avec un modèle, et pourquoi avec le savoir divin. Mais qu’est-ce que le plan de Dieu sinon une expression mythologique ou pour le moins anthropomorphique ? (J’exprimerais cependant des réserves, car la compréhension du vrai comme adéquation entre le dire et le réel a du plomb dans l’aile. Est-elle valide en dehors de ce qui est vérifiable et mathématisable ? La vérité d’un amour n’est pas affaire d’adéquation, mais d’engagement dans une manière, toujours située, perspective, de se comprendre et de comprendre le monde.)
Certains imaginent que leur amour est vrai puisqu’il est conforme au plan divin, que c’est Dieu qui les a fait se rencontrer, ou entrer au séminaire, mais là justement réside la difficulté. Comment savoir ce que Dieu pense ?
Oui, d’accord avec le livre de la Sagesse, je ne pourrais rien savoir de Dieu si Dieu ne s’était fait connaître. Mais concrètement, comment se fait-il connaître ? D’accord avec le livre de la Sagesse, Dieu a quelque chose à voir avec la vérité, y compris celle de nos existences, si fragiles et historiques. Mais comment ? Le discours biblique n’est pas une épistémologie, une théorie de la connaissance, et le lire ainsi, c’est le trahir, lui faire dire autre chose que ce qu’il vise.
Depuis le XVIe siècle, la tarte à la crème de la théologie, la solution passe-partout, c’est la révélation. Or jamais dans l’histoire de la pensée chrétienne, la révélation n’avait désigné un contenu, un message sur ce que Dieu pense. La révélation est l’acte d’un Dieu qui donne, qui se donne. Dans la foulée des Modernes, nous autres, surtout les techniciens et les ingénieurs, avons tendance à penser la vie selon un modèle scientifique, et nous nous enfuyons dans l’irrationnel dès qu’il s’agit de parler des sentiments, de la philosophie ou de la foi. A la fois nous prétendons voir l’action de Dieu dans notre vie comme on voit quelqu’un dans la rue, à la fois, si l’on nous demande de nous justifier, nous répondons, c’est le mystère. Le fait que nombre des prêtres aujourd’hui aient fait des études d ingénieurs, loin des humanités, leur ferme les portes de la théologie sauf s’ils font un véritable effort pour penser autrement. Ne faisons du premier degré du mythe la réalité de Dieu ! Nous serions comme des enfants qui croient au père Noël ! Mise à part le fait que Dieu se donne, nous ne savons rien de Dieu et la révélation est une non réponse. Ou alors elle est mythologie, dans ce cas mensongère, qui dissimule notre ignorance et fait croire que l’on sait.
Mais Dieu n’envoie pas des messages par un téléphone céleste ! L’évangile le dit, c’est à l’homme de s’asseoir et de réfléchir pour savoir ce qu’il peut engager, construction d’une tour, déclaration de guerre ou accord de paix. Que l’on ne croie pas que la foi donne des réponses là où la connaissance humaine fait défaut. La foi bouche-trou n’est pas la foi, comme l’écrivait Bonhoeffer. Laissons aux pentecôtistes de tout poil ce sinistre privilège de communiquer avec le divin. Leurs sectes font des ravages, aux Etats Unis et surtout dans les pays pauvres. Et nous autres catholiques, méfions-nous de ne pas être contaminés. Je vois tant d’entre nous qui manifestent leurs différences d’avec les protestants, mais quand il s’agit d’évangélisation, sont comme les baptistes ou les évangélistes, fondamentalistes, non certes des Ecritures, mais du catéchisme de l’Eglise catholique !
Pour nous, la volonté de Dieu, n’est pas une affaire de divination, de message divin, ni même de prière ou discernement. Qui peut parler au nom de Dieu ? Lorsque l’Eglise s’y est essayée, elle a écrit les pages les plus sombres de son histoire. Nous sommes invités à beaucoup plus de modestie. La folie des grandeurs est source des pires violences. Nous ne savons de Dieu que ce que la trace de son absence inscrit en nous, un immense désir amoureux. Nous ne savons de Dieu que ce que nos propos et toute notre vie, compris comme des réponses, laissent deviner d’un appel inaccessible, évanescent. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas une révélation au sens de messages et encore moins un catéchisme ! D’ailleurs s’il y a un catéchisme, c’est bien que les prétendus messages de Dieu ne sont pas si clairs !
L’évangile de ce jour (Lc 14,25-33) nous donne une clef pour la connaissance. Celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. Vous me direz, ce genre de clefs mène au fanatisme et fait que l’on tue père et mère sous prétexte de préférer le Christ. Mais on aura mal lu. Car si l’on renonce à tout ce qui nous appartient, on renonce aussi, et d’abord, à ce que l’on croit savoir de Dieu. Le chemin de la connaissance de Dieu, c’est le consentement à ne plus rien savoir, ou plutôt à savoir que tout ce que nous disons de Dieu, ce n’est pas ça, pas ça, pas ça, jamais ça.
C’est étonnamment le même chemin que celui du chercheur, de l’amoureux et du chrétien. Ce n’est jamais cela ; c’est pour cela qu’ils continuent à avancer dans la nuit de l’ignorance, éclairés seulement pas ce qui de cette quête est à l’origine, insaisissable, qui se laisse deviner seulement dans le fait qu’elle nous a mis en route sur le chemin de la connaissance et de la vie.