vendredi 28 août 2015

Jésus, celui qui s'efface (22ème dimanche)


La fin des tabous alimentaires nous paraît assez anecdotique tant c’est une évidence, en christianisme, qu’on peut manger de tout, que ce que l’on sert à table n’a rien à voir avec la pureté ou la pratique religieuse.
La décision de plusieurs élus populistes voire racistes de supprimer des cantines scolaires les menus de substitution qui respectent des interdits religieux rappelle que pour certains concitoyens, je dis bien concitoyens, les interdits alimentaires ont une importance qui interdit de penser que la fin des tabous alimentaires soit anecdotique.
Lorsque Jésus, comme dans l’évangile de ce jour, déclare pur tout aliment, il renverse une des composantes centrales des religions, tellement centrales, que l’on peut se demander si l’on est encore dans une religion dès lors qu’il n’y a plus de règles de pureté alimentaire. Pire, si l’on peut dire, Jésus remplace les lois de pureté alimentaire par la seule pureté qui semble demeurer, celle de la justice, du respect des frères, bref de l’amour pour tous. L’impureté désormais se nomme : « inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure ».
On peut se demander si la foi en Jésus détermine encore une religion. Elle semble n’être qu’un humanisme, une morale. Qu’avons-nous d’encore religieux si nous n’avons pour règles de pureté que ce qui relève de la morale, de l’obéissance aux impératifs de la conscience, auxquels sont attachés tant de non-chrétiens, qu’ils appartiennent à une religion ou qu’ils soient athées ?
C’est un vieux débat de savoir si la foi chrétienne est une religion ou non. Je l’évite ici et constate plutôt un autre évitement, mené par Jésus, le sien. Jésus et l’évangile vident la religion de sa spécificité « religieuse » ; la foi chrétienne n’a plus de spécificité religieuse ; ce qui la définit, c’est l’amour du frère, le respect dû au frère, le fait de se mettre à son service.
Et lorsque la foi chrétienne est en minorité, comme aujourd’hui en Europe, l’absence de spécificité de la foi est très déstabilisante. Tant qu’en effet l’on vit en chrétienté, nulle besoin de spécificités, d’éléments qui distinguent et permettent une identité. Mais lorsque l’on est en minorité, nombreux sont ceux qui ont besoin de dire ce qui les spécifie, pour exister, pour résister au milieu d’une vague qui emporte tout par la force du nombre.
Et voilà que Jésus et l’évangile décrètent comme règle ce qui est commun (ce qui ne veut pas dire communément pratiqué ou vécu). S’il y a une spécificité chrétienne, c’est de ne pas en avoir ! Elles sont rares les appartenances qui n’ont pas de spécificité, autre que celle, universelle au moins comme appel, que l’amour.
C’est incroyable cette affaire. Et il ne s’agit pas d’une astuce pour se faire accessible par tous. Il s’agit de l’être même de Jésus qui disparaît derrière le Père auquel il renvoie, ou derrière l’Esprit, qui a charge d’enseigner ce qu’il faudra dire et faire, ou plus radicalement derrière le frère, le seul qui importe, celui pour qui est Dieu. J’étais nu et vous m’avez habillé, j’étais malade, prisonnier, et vous m’avez visité. Tout ce que vous avez fait ou non, à l’un de ces petits qui sont les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ou non.
Chaque fois qu’on est d’un groupe, il y a des autres, séparés, distingués, qui ne sont pas de ce groupe. Or Jésus a pour mission de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. Il ne s’agit pas, artificiellement, de nier les différences. C’est de l’illusion. Il s’agit de trouver ailleurs que dans l’identité le lieu de l’unité. (On est à la limite du paralogisme : qu’une identité ou une appartenance ne sépare pas, n’exclue pas, ne se définisse pas par ce qui la différencie d’avec les autres, ceux du dehors.) Et ce lieu de l’unité, c’est l’effacement. Seul compte l’autre. Jésus s’efface pour l’autre. Il ne cherche pas à être comme l’autre ou à ce que l’autre soit comme lui. Il ne cherche à ramener personne à son avis, à sa manière de faire. Il fait de sa vie un « pour l’autre » au point de s’effacer, de disparaître pour l’autre.
C’est l’eucharistie. Je suis là pour vous. Mangez-moi ! Et l’eucharistie n’est pas un rite religieux. Elle est la manière même de vivre, donné aux autres : Mangez-moi ! C’est tout le chapitre 6 de Jean que nous avons lu cet été. Nous revoilà avec les questions alimentaires !
Qu’il y ait moins de disciples de Jésus en Europe n’est sans doute pas en soi une bonne nouvelle. Mais que le christianisme comme culture, comme institution, disparaisse, est une exigence de l’évangile, à la suite de Jésus. Notre spécificité est de mettre l’autre en premier, et cela signifie vivre l’effacement de Jésus. Nous sommes témoins et vivons du Dieu pour les hommes, pour nous les hommes et pour notre salut.




The end of food taboos seems fairly trivial, from a Christian perspective, given how obvious it is that we can eat everything, that what is served at the table has nothing to do with the one’s purity or one’s religious practice.
The populist, if not racist, decision of our elected officials to suppress from school cafeterias the alternative menus meant to respect some of the students’ religious prohibitions reminds us that, for some of our fellow citizens, I repeat, fellow citizens, food taboos have an importance which forbids us to think that putting an end to food taboos was something merely anecdotal.
When Jesus, as he does in today’s Gospel, declares all foods clean, it reverses a central component of religions, so central that we may rightly wonder if we are still dealing with a religion when we are left with no more food purity rules. Worse, if you will, Jesus replaces food purity laws with the only purity that seems to remain, that of justice, respect for brothers, in short: love for all. The only “impurities” left, from then on, are called: "misconduct, theft, murder, adultery, greed, malice, fraud, debauchery, envy, slander, pride, and excess."
One wonders if faith in Jesus is enough to justify calling it a religion. It seems to be a humanism, an ethics. What sort of religion does one have when the only purity rules one has belong in fact to the realm of ethics, to the obedience owed to the dictates of conscience, the same, by the way, to which so many non-Christians are attached as well, whether they belong to a religion or are atheists?
The debate as to whether Christianity is a religion or not is an old one. I don’t want to reopen that debate here but merely one to emphasizes, in passing, another one who is avoiding it, namely Jesus himself. For Jesus and the gospel are the ones who empty religion of its “religious” specificity; Christian faith has no religious specificity; what defines it is the love of the brother, the respect due to the brother, the fact of being at his service.
And when the Christian faith is in a minority, as in Europe today, the lack of specificity of the faith is very destabilizing. As long as we live in a Christian society, there is no need for any specificity, for any elements enabling one to feel different and allowing for the constitution of an identity. But when one is in a minority, there are many who need to say what specifies them, if only to exist as individuals, to stand in the middle of a wave that sweeps everything away by the sheer force of numbers.
So there we are: Jesus and the Gospel declare that what’s specific is what all people of good will have in common (which does not mean that what is common is commonly practiced or experienced). If there is an identity for Christians, it consists in not having one! They are rare indeed the forms of belongings which rest on no other specificity than the openness to the call of universal brotherly love (if only as an ethical aspiration).
The whole affaire is quite unbelievable. And it's not even a trick to make Christianity accessible to all. It has to do with Christ very being meant to disappear behind the figure of the Father to which it refers, behind the Spirit, tasked with teaching and inspiring what one should say and do, or more radically behind the face of the neighbour, the brother, the only that matters for God himself. I was naked and you clothed me, I was a sick prisoner and you visited me. All you've done or not to one of these little ones who are mine, it is to me that you did or not do it.
Whenever we're in a group, there are other people, separate from us, distinguishable from us, which are not part of that group. Now Jesus's mission is to gather into one the dispersed children of God. This is not about artificially denying our differences. It would be an illusion to pretend to do so. It consists instead in attempting to find the locus of unity elsewhere than in social identity. (We dwell here very close to self-contradiction:. We are looking for an identity or an affiliation that does not separate, that does not exclude, that does not define one’s identity by what differentiates it from that of others, from that of the outsiders.) And that locus of unity is found in the belonging to a logic of self-erasing. The other is the only thing that matters. Jesus lowers himself for the sake of that other. He does not try to be like the other or that the other be like him. He does not even seek to bring the other to share his views, his own way of doing things. He made his entire life a life "for the other" to the point of fading out and disappearing, for the other’s sake.
And all of this is called the Eucharist. I'm here for you. Eat me! And the Eucharist is not a religious rite. It is the very way we are asked to lead our lives, as a gift tp others: Eat Me! This is what all of our Summer reading of John: 6 was all about. And we are thus brought back to food issues, albeit in a totally different form!
That there are fewer disciples of Jesus in Europe is indeed not a good news at all. But that Christianity disappear, whether as a culture or an institution, that is nothing less than a requirement of the Gospel, if we want to follow Jesus. Our specificity is to put the other first, and that means living the self-erasure that Jesus has come to embody. We are the living witnesses of God’s gift of Self to humanity, for us men and for our salvation.

(Translation Jean-François Garneau)

vendredi 21 août 2015

A qui irions-nous ? (21ème dimanche)



« “Il y en a parmi vous qui ne croient pas”. » À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. »
Au terme du discours sur le pain de vie, la tension est telle que certains disciples arrêtent d’accompagner Jésus. Qui sont les disciples de Jésus, qui étaient-ils à l’origine, qui sont-ils aujourd’hui ? Il y en a parmi eux qui ne croient pas. C’est incroyable ce truc là, mais il y a des disciples de Jésus qui ne croient pas. « “Il y en a parmi vous qui ne croient pas.” Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. »
Nous ne sommes pas Jésus, et nous ne savons pas, nous, qui est croyant ou non. Chacun peut s’interroger. Sait-on soi-même si l’on est croyant. On peut penser que les disciples qui ont arrêté de suivre Jésus n’étaient pas de plus mauvais bougres que la moyenne. On ne peut identifier le non croyant au seul salaud et traitre. Il y a même des traites parmi ceux qui restent avec Jésus, comme Pierre… comme nous !
Nous ne savons pas si nous croyons. Jésus le sait, lui. Restons à cette forme d’ignorance, parce, peut-être, être croyant, ce soit justement ne plus rien savoir en dehors de l’amour des frères. Etre croyant, c’est ne plus rien savoir. Voilà ce que j’entends dans la réponse de Pierre, du moins la première partie : « « Seigneur, à qui irions-nous ? » En termes de motivation, ce n’est pas terrible ! Faute de mieux, nous te suivons, à qui veux-tu que nous allions ? A qui irions-nous ? (La suite de la réponse, qui répète les propos de Jésus, comme un catéchisme sagement, puérilement, appris, paraît en fort décalage avec cette sorte d’ignorance poussée comme un cri, presque désespéré.)
Que savons-nous de notre Dieu ? Si peu ! En cela rien d’anormal. Que pourrions-nous savoir de Dieu ? Il faut absolument considérer comme idole tout ce que nous en disons, en pensons, précisément pour tâcher de se garder de l’idolâtrie. Nous affirmons, confessons qu’à condition de barrer. Nous affirmons parce qu’il faut bien parler, mais à une condition, de nous déprendre. Dieu n’est pas même l’autre, ni le plus grand autre, mais toujours autre.
Quand je dis ne plus rien savoir, il s’agit d’autre chose. La foi nous fait-elle vivre ? Vivrions-nous autrement sans elle ? Nous n’en savons rien. Mais comme tout ce qui n’a pas d’utilité ne saurait importer, ne vaut rien, sommes-nous bien croyants ? Tant qu’on peut voir la présence et l’efficacité de la Providence, on a de quoi être croyant, mais notre monde et la nature, avec leurs lois, n’ont pas besoin de Dieu, hypothèse inutile. Alors, il devient plus difficile de croire. Croire alors qu’il n’y a plus rien à voir, pas même le moindre petit signe.
A qui irions-nous ? Pourquoi pas à ce Jésus. Mais pourquoi ?
Si nous ne savons pas même si nous croyons, ce n’est pas anti-intellectualisme, mais comme condition de la foi. La foi est affaire de confiance. Certes, elle est bien intelligente, là n’est pas la question. Mais si nous ne faisons pas confiance, quelle foi avons-nous ? Pierre n’a pas suivi Jésus parce qu’il avait les paroles de la vie, quand bien même cela ne gâte rien. Il a suivi Jésus, faute de mieux, à qui irions-nous ? Ou du moins, sans savoir dire pourquoi : A qui irions-nous ?
Il faut vider toutes les raisons, les bonnes et les mauvaises raisons de croire. On ne croit pas parce que. On croit, on fait confiance à Jésus. C’est tout, à tous les sens de l’expression. Mais lui faire confiance laisse bien seul ; beaucoup sont partis. Et c’est ce que nous vivons.
On croit, c’est tout. Ici comme dans l’amitié, dans l’amour conjugal, paternel ou filial : parce que c’est lui, parce que c’est moi. On ne choisit pas d’aimer ses enfants, ses parents, ses frères et sœurs. On les aime, cela s’impose. Et si on ne les aime pas, comment n’être pas coupable ? C’est charnel. Et si avec Dieu c’était cela, aimer sans rien d’autre, sans rien savoir. C’est charnel.
C’est curieux que ce pur amour soit charnel, je veux dire corporel, que ça prenne aux tripes. Que cela s’impose non comme une idée, mais comme l’amour des siens (et l’on peut découvrir que nous sommes destinés à faire de tous des siens !)
Alors que je ne sais plus rien, il ne reste peut-être plus que cela. Une sorte de constat qui s’impose, comme tout constat, a posteriori, surnageant de l’ignorance : je l’aime ; je suis croyant. C’est primaire. Cela vient de très loin. Un cri que rien ne parvient à couvrir. A qui irions-nous ?

samedi 15 août 2015

Comer la carne del Hijo del hombre (20° Domingo)


Comer la carne del Hijo del Hombre. En cualquier sentido que tomemos esa palabra, se queda extraña. Ya los judíos dijeron: «¿Cómo puede éste darnos a comer su carne?»
Si la carne del Hijo del hombre es la eucaristía, no hay problema, sino el problema de la eucaristía misma: ¿cómo el pan puede ser su carne? ¿qué es, comer la carne de Dios?
Pero, no es evidente que el capitulo sexto del evangelio de Juan hable de la eucaristía, en el sentido estrecho en el cual lo entendimos, la comunión como especies sagradas, como forma, o por lo menos como rito sagrado. O, para decirlo mejor, si el discurso sobre el pan de la vida habla de la eucaristía, es que la entiende no como rito, pero la considera más ampliamente como expresión de la vida con Jesus.
La eucaristía no sería así el rito religioso del domingo sino una manera de vivir, la de los discípulos de Cristo. Y de hecho, en el discurso, no acaba Jesus de hablar de vivir.
Nosotros hemos hecho de la eucaristía un rito religioso. Pero cuando el evangelio habla de práctica, nunca se trata de culto, sino de poner la palabra en práctica. «A cualquiera, pues, que me oye estas palabras y las pone en práctica, lo compararé a un hombre prudente que edificó su casa sobre la roca.» «Mi madre y mis hermanos son los que oyen la palabra de Dios y la ponen en práctica.»
Le celebración dominical no es un momento de la semana sino un concentrado de lo que vivimos durante la semana. ¿Y qué vivimos? ¿Qué somos llamados a vivir?
Nada especial. La vida de cada uno. Pero de una manera especial, como un estilo de vida, comiendo la carne del Hijo del hombre. Vuelve nuestra pregunta. ¿Qué significa comer la carne del hijo del hombre? «¿Cómo puede éste darnos a comer su carne?»
Nuestra vida no es nuestra sino una vida recibida. Jesus da su vida, la ofrece para que vivamos. Así hacen los padres para sus hijos. No se sacrifican, pero se ofrecen, se hacen disponibles para que los niños puedan crecer. Regalan su atención y su amor, ellos mismos, para que los niños puedan desarrollarse.
Los esposos igualmente. Se ofrecen recíprocamente para que cada uno pueda vivir del otro, recibirse del otro, descubrirse y realizarse por el otro. De la misma manera los amigos. Descubrimos en la amistad, en la relación, quienes somos. Lo recibimos de los demás. Solos, no seriamos mucho, un ser vivo quizá, un ser humano, no.
De la misma manera que somos, existimos gracias al don de los demás, de la misma manera podemos existir gracias a Jesus. El se ofrece para que vivamos, para que seamos. Recibir su vida es la manera de vivir de los discípulos, existir a partir de él, gracias a él.
Esta explicación no va demasiado adelante, porque ofrecerse en este sentido de permitir al otro de ser sí mismo, de advenir a sí mismo ¡no es dar su carne de comer y su sangre de beber!
Con la comida y la bebida se trata de ser el otro, de permanecer en él, de habitar en él, como dice la traducción española. Comer la carne y beber la sangre es recibir una vida que no es la nuestra sino la suya. Ya no vivimos nosotros, más vive Cristo en nosotros. Es decir que ya hemos fallecido. Ya estamos muertos.
Comer la carne, beber la sangre del otro significa renunciar a sí mismo, quitar nuestras maneras de hacer y pensar, nuestras costumbres, no pertenecerse. Este es la eucaristía, una vida eucarística, vivir abandonado, dado a los demás para que la vida de Cristo pueda sustituir la nuestra. No hay vida cristiana sin pascua, sin pasaje por la muerte hasta la vida, la de Jesus.
Comer su carne, beber su vida es elegir una vida que no es la nuestra sino recibir la del Señor, abandonando nuestro propio, dándonos al servicio de los demás, poniendo en práctica la palabra de Jesus. Ayuno de nosotros para tener hambre y sed del otro que nos da de vivir.

vendredi 14 août 2015

La carne salta de gozo (Asunción)


¿Somos discípulos de Cristo o miembros del cristianismo? No es la misma cosa.
El cristianismo designa una cultura, occidental, una organización de la sociedad con ritos y moral, a partir del evangelio. Un magisterio, más o menos integro, detiene una verdad que los demás siguen, más o menos, en prácticas religiosas y comportamientos éticos. El cristianismo es un sistema político y teológico, que arregla los usos y costumbres de la gente.
Ser discípulos de Cristo no tiene nada que ver con una organización social porque se puede vivir en todas las culturas. Más todavía, ser discípulos de Cristo es una contestación de todas las formas de vida social, no porque serian todas malas, sino porque el reino de los cielos, jamás realizado aquí y ahora, fecunda las sociedades aquí y ahora.
Cuando leemos el evangelio, no vemos a Jesus organizando un sistema político o religioso. Es Señor del sábado; la meta de toda vida nunca es la ley pero el hombre. Cuando leemos el evangelio, nunca se dice que deberíamos votar para la izquierda o la derecha, porque no somos los hombres de un partido, pertenecemos a Cristo. Cuando leemos el evangelio, no encontramos obligaciones. “Todas las cosas me son lícitas, pero no todas convienen; todas las cosas me son lícitas, pero yo no me dejaré dominar por ninguna”, dice Pablo. Somos libres, librados.
Pero nosotros, desde siempre, queremos saber cómo hacer, qué hacer, incluso si es para actuar de otra manera. Nos gustan las recetas ¡tan practicas! Nos tranquiliza conocer la regla incluso si no la respectamos. Así, pensamos conocer el bien. Así podemos exigir que cada uno se comporte de la misma manera. No nos gustan las personas extrañas. ¡No nos hubiera gustado Jesus! El evangelio que recitamos vuelca nuestra organización social pero seguimos si escuchar nada del evangelio. “Dispersa a los soberbios de corazón, derriba del trono a los poderosos y enaltece a los humildes, a los hambrientos los colma de bienes y a los ricos los despide vacíos.” ¿Somos discípulos de Cristo o miembros del cristianismo?
Deja que los muertos entierren a sus muertos” y nosotros tenemos un culto de los muertos como animistas, porque todavía somos animistas. Se organiza el cristianismo alrededor del culto, por ejemplo de los muertos, cuando ser discípulos de Cristo consta de descubrir una vita nueva para el hombre viejo que todavía somos, incluso si ya “en el bautizo, estamos revestidos de Cristo”.
Pero como todos, continuamos con el sistema religioso, uno entre muchos. Hacemos del ser cristiano una religión entre otras, el cristianismo. La madre de Jesus, no tanto es la esclava del Señor, como dice el evangelio, que una diosa. El mito funciona a capacitad plena, una virgen, madre, pura, intacta, inmaculada. Sin embargo, si su asunción tiene un sentido, es precisamente que tenemos que dejar los muertos enterar a los muertos, que tenemos, como ella, que entrar en una nueva vida: estamos revestidos de Cristo.
Cuando se hace con ella como con nosotros la palabra de Dios, somos hombres y mujeres nuevos que anuncian de palabra y obra que la vida es un servicio, el de los demás, que servir a los demás es la vida. “Maria se puso en camino y fue aprisa a la montaña, a la casa de Zacarías y saludó a Isabel”.
Por suerte se vacían los templos del cristianismo. Por suerte, casi nadie quiere hoy ser miembro de una organización de otro tiempo. “Deja que los muertos entierren a sus muertos”. Ojalá que los discípulos de Cristo edifiquen una Iglesia para anunciar la vida como servicio, para constituir la humanidad como fraternidad. Así es el triunfo de la vida. Así las fuerzas de muerte que matan a tantos en el mundo disminuyen. Así la humanidad ya comparte la vida de Jesus.
El cuerpo de nuestra humanidad, no las organizaciones incluso cristianas, pero la carne nuestra, la carne de todos los que sufren, de guerra, desigualdades, violencia, racismo, la carne de los emigrantes, los cristianos de Siria e Irak como la de los Africanos, la carne salta de gozo, ya ahora, antes de nacer definitivamente a la vida, como criatura en presencia del Señor.