samedi 28 novembre 2015

En avent, en avenir de justice (1er dim. Avent)


Comme chacun sait, comme le dit la préface que nous lirons dans un instant, l’avent est un temps de préparation, non pas à Noël, « car il est déjà venu », mais à la venue de Jésus à la fin des temps, car nous n’en pouvons plus de ce monde de violence, des guerres, du terrorisme, des inégalités. « Il viendra de nouveau revêtu de gloire ». Reste à savoir quand.
Nous pourrions trouver chez le prophète un indice. Relisons le texte : « En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai germer pour David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera sauvé, Jérusalem habitera en sécurité, et voici comment on la nommera : "Le-Seigneur-est-notre-justice". »
Evidemment, Jérusalem n’est pas en sécurité, c’est même un des foyers de tensions, non seulement géographiquement, mais symboliquement. Pourtant, parce que le Seigneur est fidèle à sa promesse, c’est bien de David que naîtra le germe de Justice.
Qui est ce germe ? Nous autres disons que c’est Jésus, c’est lui qui s’appelle Le-Seigneur-est-notre-justice. Pour les Juifs, il en va autrement et ce germe de justice pourrait être les Fils d’Israël eux-mêmes. Ils sont la descendance d’Abraham par qui sont bénies toutes les familles de la terre.
Pourtant le gouvernement Israélien ne fait rien pour la paix, il continue à protéger voire à encourager les colonies en Palestine. C’est une violence et une injustice insupportable. Le mur qui protège Israël de ceux qu’il appelle ses ennemis, en les humiliants, les laissant vivre comme dans une prison à ciel ouvert, c’est insupportable. La politique israélienne aujourd’hui empêche la mission d’Israël d’être bénédiction pour toutes les familles de la terre, d’être le germe de justice issu de David. Avec tout le respect que nous pouvons et devons aux Fils d’Israël, il faut le dire ; tel quel, l’Etat d’Israël n’est pas le peuple de la promesse. La promesse de Dieu est sans repentance mais elle ne peut justifier de telles violences. Quand Israël ne cherche pas la paix, il discrédite son Dieu qui est aussi le nôtre. Certes, notre Eglise est mal placée pour faire la leçon, mais ce n’est pas une raison pour se taire. C’est une raison pour aimer plus encore, et le peuple de la première alliance, et tous les peuples qui dans le premier sont bénis.
Ils sont nombreux les Fils d’Israël qui travaillent à la justice. Il y a en particulier l’un d’entre eux, Jésus. Plus que beaucoup et, selon nous chrétiens, le seul de cette façon là, il est appelé Le-Seigneur-est-notre-Justice. Et si les Fils d’Israël cherchent la paix, si Jésus est notre justice, la fin des temps est déjà là. Il ne faut pas l’attendre pour demain. N’est-ce pas d’ailleurs aujourd’hui que « sur terre, les nations [sont] affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes [meurent] de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux [sont] ébranlées ».
Y a-t-il alors quelqu’un pour reconnaître celui que l’on nomme Le-Seigneur-est-notre-justice ? Y a-t-il quelqu’un pour ne pas désespérer de la vocation d’Israël à être bénédiction pour les peuples ? Y a-t-il quelqu’un pour croire qu’aujourd’hui Jésus est notre justice. Juifs et chrétiens, s’en trouvera-t-il parmi nous pour être les hérauts de la justice ?
En entrant en avent, nous n’attendons pas un événement passé depuis 2000 ans. Nous n’attendons pas non plus le messie comme on attend Godot. Nous sommes les guetteurs de la justice, ici et maintenant. « Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
Se tenir debout, non pas vautrés comme des pachas avachis sur ceux qu’ils oppriment, ni écrasés, humiliés, à genoux comme des esclaves. Se tenir debout pour témoigner du germe de justice, en refusant la violence ; avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver. Après les attentats, qui sans cesse se répètent, encore cette semaine en Tunisie, nous n’entrerons pas dans la haine, dans la vengeance, dans la violence puisque nous entrons en avent.
Entrer en avent, c’est témoigner que la fin du monde n’est pas une catastrophe, mais au contraire, la fin des catastrophes, parce que Le-Seigneur-est-notre-justice. Entrer en avent, c’est reconnaître la fin du monde, autrement dit, ne plus faire confiance à la violence et la guère pour régler les conflits, mais à la justice. On pourrait essayer, non ? Voilà des millénaires qu’on fait confiance à la force et à la violence et cela ne marche pas. Ne serait-il pas intelligent d’essayer autre chose ? Entrer en avent, puisque Le-Seigneur-est-notre-justice, c’est changer de vie : on ne peut vivre avec lui si l’on est violent, si on laisse l’injustice prospérer. Nous pourrions entrer pour de bon en avent, et pas seulement selon le calendrier.
Juifs et Chrétiens, c’est notre mission d’entraîner tous les peuples de la terre, toutes les religions et opinions de ce monde, à la justice. Nous ne le ferons pas par la violence. Si Juifs et Chrétiens peuvent ne plus se haïr, n’est-ce pas le signe qu’une paix entre tous est possible ? Qui prépare Noël risque de trouver une bonne raison pour ne pas travailler à la justice, préoccupés par ses santons, sa tradition plus que par le frère qui crie justice. Qui imagine la fin du monde pour un autre temps, fort éloigné, risque de ne pas vouloir changer ce monde, laissant à la violence encore un avenir. Mais en avent, nous sommes en avenir de justice. Depuis Jérusalem, que soit annoncée la paix ! Depuis la crèche et la croix, est manifeste que Le-Seigneur-est-notre-justice.

samedi 21 novembre 2015

Le roi nu (Le Christ roi de l'univers)



Le Christ roi de l’univers, titre aux relents antidémocratiques et monarchistes, expansionnistes aussi comme des prétentions hégémoniques de la culture chrétienne. D’où l’importance de revenir à l’évangile pour convertir la tradition, récente, d’une fête liturgique.
On aurait dû lire aujourd’hui, comme toute cette année, un texte de Marc. Le deuxième évangile est-il trop court pour un lectionnaire d’une bonne cinquantaine de dimanches et fêtes qu’il faille compléter avec Jean (18, 33-37) ? Marc n’est sans doute guère adapté à notre fête ; il ne parle jamais de Jésus comme roi, sauf dans le chapitre de la passion. Mais c’est pire avec Jean qui rapporte que Jésus refuse d’être roi : « Jésus, sachant qu’on allait venir l’enlever pour le faire roi, se retira à nouveau, seul, dans la montagne. » (6, 15)
La royauté de Jésus, c’est sa mort en croix. C’en est fini du pouvoir, de la toute-puissance, de la politique. « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici ». Le Christ ne risque pas d’être un instrument au service d’une soi-disant civilisation chrétienne dont il serait le chef. D’ailleurs, une civilisation ne peut pas être chrétienne. Ce sont les personnes qui sont disciples de Jésus, si c’est ce que signifie être chrétien, pas les cultures, les pays ou les civilisations !
La royauté de Jésus c’est, à en croire Jean, une affaire de témoignage, littéralement de martyre de la vérité. « Je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité. » Deux questions, étroitement liées, celle de la vérité, celle de l’engagement pour la vérité. L’engagement pour la vérité n’est pas sa défense mais le don de sa vie ; on habite la faiblesse, on entre dans l’histoire des victimes. C’est un renversement que notre monde n’a pas encore appris. Même les historiens de métiers écrivent trop souvent l’histoire du côté des vainqueurs.
On est « compromis » pour la vérité ; c’est un engagement, le choix de la faiblesse, une démarche éthique plus qu’une théorie ou une conception du monde. Quant à la vérité elle-même, elle doit être totalement ré-envisagée. En effet, la place des femmes, le pluralisme idéologique et culturel, la nécessité de construire une paix mondiale, la relecture de l’histoire, les contrefaçons chrétiennes de l’évangile, etc., nous obligent à une réinterprétation de l’évangile.
On comprend que cela résiste, chez les cardinaux et évêques notamment, comme on l’a vu lors du dernier synode, comme on le voit dans l’opposition, souvent bien peu loyale, à François. Le Concile Vatican II a été cela, ou plutôt, un essai, un début, un changement de conception de la vérité. On le voit, ce n’est pas une affaire pastorale, mais doctrinale (si jamais on peut contre-distinguer pastorale et doctrine). Notre Eglise n’a pas encore reçu Vatican II. Elle pense encore beaucoup dans un contexte religieux triomphant, celui de la puissance, de Vatican I. C’est un modèle religieux traditionnel. Voilà pourquoi les évêques africains y sont tellement à l’aise. Mais dans le contexte contemporain, ce religieux n’est plus évangélique, tout comme à l’époque de Jésus, la stricte observation de la loi selon les scribes et les pharisiens, n’étaient plus chemin de sainteté.
Le Pape a perdu ses Etats dès la fin du concile, mais nombreux sont ceux qui se s’en sont pas aperçu, qui n’ont pas vu que cela signifiait non le deuil d’une perte territoriale mais un total changement de lecture de l’évangile.
La royauté de Jésus c’est son martyre. Nous sommes convoqués à une conversion, à un changement des manières de vivre. Sommes-nous prêts à ce martyre de la vérité, à ce changement total de paradigme, non pas défendre la foi mais témoigner dans la faiblesse que c’est là que Dieu règne, habite en souverain.
Après les attentats de la semaine dernière, sommes-nous dans la revanche, la vengeance, la guerre, la recherche du bouc-émissaire ? Le Christ, prisonnier devant Pilate n’a pas les moyens de telles réactions. Les auraient-il eut qu’il les aurait considérées comme sacrilège. On le voit, nous avons déjà un peu changé d’idée sur Dieu : aujourd’hui, nous considérons comme sacrilège l’invocation de Dieu comme chef de guerre, Gott mit uns.
Mère Teresa est la parabole de Dieu pour notre temps, quoi qu’il en soit de sa théologie, de son idéologie peut-être. Demeurer dans l’inefficace à côté de celui qui meurt. La dignité témoignée est la venue du règne, c’est participer à sa cour, à son intronisation, comme lorsque l’on n’ignore pas le regard de celui qui mendie, qu’on le reconnaît comme frère, qu’on prend soin de son humanité, la nôtre en partage. Bien sûr, au nom de Jésus, on a souvent été aux côtés des pauvres. Mais aujourd’hui, dans notre monde où il n’y a plus de place pour Dieu, Dieu ne peut plus être puissant, tout-puissant, qui sauve et guérit de la maladie ou de la guerre. Il est le Dieu qui pleure, le Dieu qui souffre, le Dieu sans pouvoir si ce n’est celui de tenir dans l’abject jusqu’au bout, pour accompagner jusqu’au bout, celui qui s’y trouve. Voilà le Christ roi, le roi nu. Voilà en conséquence les chrétiens, « devant et avec Dieu, nous vivons sans Dieu ».

vendredi 13 novembre 2015

L'apocalypse est une fête (33ème dimanche)


La fin du monde. Forcément, cela sent le désastre. Comment penser la disparition de la vie, des cultures et de la nature autrement que comme une catastrophe, une apocalypse. Le sommet sur le climat, dans quelques semaines à Paris, montre le souci qui s’impose peu à peu, trop lentement, de protéger la planète. La destruction de Palmyre suscite une horreur, celle de voir disparaître une culture ou plutôt ses restes. Imaginons l’horreur de voir disparaître notre culture.
On pourra dire que l’on s’alarme moins du sort de ces vies humaines quotidiennement broyées par les guerres, la faim, l’immigration, les frontières qui se hérissent de barbelés et de grillages. On pourra dire que l’on s’alarme moins du sort de cultures que la colonisation a détruites. Palmyre et les vestiges d’une culture morte depuis des siècles semble préoccuper davantage que la protection de cultures menacées aujourd’hui, que l’égalité et la fraternité dans nos banlieues et nos sociétés.
La fin du monde, pour ceux qui crèvent, qui n’en peuvent plus, c’est au contraire une bonne nouvelle. Parole d’évangile !
Que la fin du monde soit catastrophe ou fin de la souffrance, dans tous les cas, elle est renversement ; elle est jugement qui révèle ceux qui abusent des frères ; ils peuvent se faire du souci, parce que c’en est fini de leur position de force ; est dénoncé au grand jour le poids de souffrance qu’ils imposent. Ils mangeaient bien et buvaient tout autant, mais c’est trop tard, leur monde est fini. On comprend qu’ils soient pris de terreur. Pour ceux qui pleurent, c’est la fête ; leur corvée a pris fin comme un air d’exode ou de retour d’exil. « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés. »
Dans l’évangile de ce jour (Mc 13, 24-42), on ne considère la fin du monde que positivement. C’est le ciel qui est ébranlé, pas la terre. C’est lui qui semble devoir être bouleversé, et, même si, sans doute, la lumière des astres ne pourra plus éclairer la terre, rien n’en est dit. La parabole du figuier annonce l’été et sa fertilité, non l’hiver et l’absence de récoltes. On rassemble les élus des quatre coins du monde, de l’extrémité de la terre à celle du ciel ; on ne parle pas de damnés.
Pour Marc, le dévoilement, la révélation – c’est le sens du mot apocalypse ‑ est une bonne nouvelle. Il s’est manifestement situé du côté des opprimés pour voir ainsi les choses, du côté de Dieu, du côté des réfugiés d’aujourd’hui. L’apocalypse est une fête. Comme en été « la terre a donné son fruit » : « le Fils de l’homme est proche, à votre porte ».
Le monde est en feu, violence apocalyptique, la fin est déjà là. Elle n’est pas pour dans plusieurs générations lorsque le niveau des mers aura englouti tant de villes côtières, détruit l’habitat de millions de personnes, notamment parmi les plus pauvres. Ce n’est pas pour dans quelques siècles ou millénaires, lorsque le soleil se sera totalement consumé. C’est pour maintenant. Un solennel « Amen, je vous le dis » introduit une déclaration sans équivoque : « cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive ».
Qu’est-ce que cela signifie ? Premièrement, qu’il n’y a pas besoin d’attendre pour juger, pour dévoiler la vérité de nos vies. Le jugement est déjà prononcé, on sait qui opprime et qui souffre. Deuxièmement, il n’y a pas besoin d’attendre pour voir le Fils de l’homme. Il est déjà là.
Nous ne le voyons pas ? Il y a fort à parier que nous ne sommes pas du bon côté, de son côté, du côté des humiliés. Si nous voulons le voir, il faut virer de bord, changer de camp : « il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. » Pour voir Dieu, il faut cesser d’opprimer, même indirectement, à travers la défense de nos sociétés riches qui refusent de partager ; il n’y a qu’à voir les réfugiés et les mendiants, dans nos rues ou aux portes de l’Europe ou des Etats-Unis. Et si, aux côtés des pauvres nous ne voyions, au moins nous serions tout près de lui, car c’est là qu’il se trouve ; j’étais nu, j’avais soin et soif, j’étais malade ou prisonnier et vous m’avez vêtu, donné à manger, visité.
Nous ne pouvons attendre plus longtemps, en profitez encore un peu, même si tarde la justice. Le ciel et la terre auraient beau passer, ses « paroles ne passeront pas » : « Il disperse les superbes, renverse les puissants de leurs trônes, renvoie les riches les mains vides. »



The end of the world. Inevitably, it smells like disaster. How can one think of the loss of life, of culture and of nature as anything other than a disaster, an Apocalypse, a day of reckoning? The World Climate Summit to be held in Paris in a few weeks shows the concern that imposes itself, little by little, to urgently protect our ecosystem from man-made self-destruction. The destruction of Palmyra arouses horror, that of losing a culture or, rather, its remains. Imagine the horror of losing our own culture.
We may deplore that we are insufficiently alarmed by the fate of foreign lives crushed by war, hunger, forced emigration, borders that bristle with barbed wire and fences, etc. We may deplore that we are insufficiently alarmed by the fate of cultures that colonization destroyed. We may even deplore that our concern for the fate of Palmyra and the remains of a culture dead for centuries seem to preoccupy us more than the protection of cultures threatened by us today, or than the search for equality and fraternity within our own ghettoes and society at large.
Yet for all those who suffer and can’t stand it any longer, the end of the world is a rather good news. Gospel truth!
In any event, whether the end of the world is apprehended as a disaster or as the end of suffering, it consists in a turn around, a revolution, a metanoia of the world itself; it is a judgment that reveals the reality of those who abuse their brethren. It is them who may have cause to worry since the end of the world will mark the end of their position of strength. Then will be openly denounced the weight of suffering they had imposed on others. They ate well and drank as much, but it's too late, their world is over. We understand why they could be in terror at the possibility of the world coming to an end. For those who mourn, on the other hand, it might very well be a party; their chore will be completed and a zeitgeist of Exodus or of return from exile will be all around them. "Blessed are those who mourn, for they shall be comforted", says the Gospel.
In today’s Gospel (Mk 13: 24-42), we consider the end of the world only in a positive light. It is the heavens that are shaken in this story, not the earth (Mk 13: 24-25). It is the heavens which seem to be turned upside down, and although the light of the stars will no longer shine on the earth, nothing is said of what that could mean for earthly life. The parable of the fig tree is meant to announce Summer and fertility, not Winter and lack of harvest. The story is that of gathering all the blessed from all parts of the world, from the most far away parts of the earth straight onto heaven. There is no talk of damnation nowhere in this passage.
For Mark, the unveiling, the revelation –this is the meaning of the word Apocalypse— is good news. Mark clearly speaks from the point of view to see things thus, i.e.: from the point of view of God, on the side of all of today’s refugees. The Apocalypse is a party. It’s a celebration. As in Summer "the earth has yielded its fruit": "The Son of Man is near, he’s at your very door!"
The world is on fire, apocalyptic violence is all around us, the end is already near. It won’t occur several generations from us, when sea levels will have engulfed so many coastal cities that the habitat of millions of people will have been destroyed, especially that of the poorest amongst us. It is not to be expected in a few centuries or millennia, when the sun will be totally consumed. It is happening now! A solemn "Amen, I say to you" introduces an unequivocal statement by Christ: "This generation will not pass until all these things have taken place."
What does that mean? It means first that there is no need to wait before passing judgment and ripping away the sad truth of our worldly lives. The judgment has already been stated, we know very well who are oppressed and who are suffering. And it means second that there is no need to wait to see the Son of man before doing anything about it. He is already here.
We don’t see him? It might be safe to assume that this is because we are not on the right side of things, i.e.: on His side, the side of the humiliated. If we want to see Him, we must turn around (con-vert), switch sides: "He scatters the proud-hearted. He casts the mighty from their thrones and raises the lowly. He fills the starving with good things, and sends the rich away empty." To see God, one must stop oppressing the oppressed, even indirectly, through the defense of our rich societies that refuse to share. One just need to look at the refugees and the beggars in our streets or at the doors of Europe or the United States. And if, even while with the poor we don’t see Him, at least we would be close to Him because it is there that He has said that He would be: I was naked, I was careful and thirsty, I was sick and in prison and you clothed me, gave room, visited.
We can no longer wait any longer. We can no longer take a little longer, even if justice seems to be slow coming. Even if heaven and earth were to pass, His "words will not": "He scatters the proud-hearted. He casts the mighty from their thrones and sends the rich away empty."
Translated by Jean-François Garneau

mardi 10 novembre 2015

Le coming-out de Mgr Charamsa




Mgr Charamsa, le prélat polonais de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui avait fait son coming-out à la veille du synode, annonçant dans le même temps vivre avec un compagnon vient de donner une interview. http://cris-charamsa.blogspot.fr/2015/11/krzysztof-charamsa-lamour-fait-de-moi.html. Je me permets de donner mon avis.

1. D’abord, cinq points, assez secondaires, mais tout de même, ces imprécisions ou expressions ou partis pris suffiraient à discréditer le reste du texte, bien à tord.
« Je devais affronter cette réalité de l'homophobie profonde de l'Église catholique, que je servais au plus haut niveau. Je fais référence à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi,… » Travailler au Vatican, voire à la CDF, c’est servir l’Eglise au plus haut niveau ! Quelle ecclésiologie !
« Les documents de la Congrégation qualifient l'amour homosexuel d'inhumain ! » Là, je demande la référence. Je ne connais pas et quand on tape : "congrégation pour la doctrine de la foi" "amour inhumain" dans un moteur de recherche, on ne trouve rien.
« Pour l'église, les homosexuels doivent souffrir d'une juste discrimination » Là encore, je n’ai jamais vu cette expression nulle part.
« Pour l'Église, les homosexuels sont des personnes intrinsèquement désordonnées » Je n’ai jamais lu cela non plus. Ce sont les relations sexuelles avec une personne du même sexe qui sont dites intrinsèquement désordonnées. J’accorde que se loge ici toute l’hypocrisie du discours qui ainsi ne pourrait être taxé d’homophobe, mais bon, pour combattre l’adversaire efficacement, mieux vaut viser juste.
A la toute fin, l’engagement pour l’indépendance de la Catalogne est légitime. Mais en quoi concerne-t-il la question de l’homosexualité des ecclésiastiques ? En quoi avoir un peu d’expérience sur la vie sexuelle des ecclésiastiques rend-il compétent pour parler de la Catalogne ? Aimer un Catalan ne suffit pas à faire de quelqu’un un expert en politique intérieure espagnole.

2. Sur le fond.
a. La vérité libère.
Oui, c’est d’ailleurs dans l’évangile de Jean (8,32). Faire son coming-out est sans aucun doute un acte de vérité et un acte libérateur pour de nombreux homosexuels. Cesser de mentir, je veux dire cesser d’être condamné à vivre dans la dissimulation parce qu’il est impossible d’exister comme on est, est libérateur. Qui plus est, cette dissimulation, avec ses stratégies, d’une part si importante de ce que l’on est finit par devenir un mensonge. On ne vit pas libre dans le mensonge.
Cela passe par des étapes, s’accepter soi-même, s’ouvrir aux proches, s’ouvrir plus largement, à ses collègues et voisins. Pas sûr qu’il y ait besoin de prendre la parole pour informer les gens qui ne vous connaissent pas. Il faut distinguer le coming-out comme acte de libération et le coming-out comme acte militant. Pas sûr que le second mène à la liberté comme le premier, non que l’on doive se défier de la militance, mais que la reconnaissance de l’intime ne signifie pas sa publicité et que cette publicité rend souvent esclave. Que l’intime ne soit pas à confondre avec le privé, ne signifie pas qu’il ait à devenir public, et encore moins tout public.
Il ne faudrait pas non plus confondre vérité et transparence. Etre dans la vérité, être vrai, n’est pas aussi simple qu’un coming-out, qui n’est déjà pas une simple affaire. Sans même aller chercher l’inconscient, encore que, la lucidité sur sa propre vie n’est jamais garantie. Le coming-out n’est pas un tout ou rien, passer de personne ne sait rien (pas même l’intéressé qui est dans le déni), du mensonge, à la terre entière le sait, enfin la vérité. Est-ce que si les amis savent, ce n’est pas suffisant pour vivre dans la vérité ? Le coming-out n’est pas en soi libération. C’est ce qu’on fait de sa vie, une prison ou non, le choix de sortir ou non de cette prison, qui dessine, sans qu’on en soit jamais assuré, une libération.
Peut-être la libération a-t-elle été, pour Mgr Charamsa, plus que le coming-out, la fin de la double vie. Elle aussi est un enfer qui enferme, du moins très souvent, surtout quand on prêche et croit en la fidélité !

b. « L’amour a fait de moi un meilleur prêtre » dit Mgr Charamsa.
Oui, sans aucun doute. Cela, nombre de prêtres, de religieuses, disons de consacrés, qui sont tombés amoureux, peuvent en témoigner. T. Radcliffe l’avait dit dans un superbe texte du mercredi des cendres 1998, repris dans Je vous appelle amis. Il s’appuyait en outre sur l’expérience de Thomas Merton.
« Tomber amoureux peut être le moment où se déchire notre égocentrisme et nous découvrons que nous ne sommes pas le centre du monde. [Et je rajoute, pour le clergé, ce n’est pas rien ! ils n’ont ni femmes ni enfants qui les obligent à l’humilité en les conduisant par les liens de l’amour ; ils sont tellement encensés pour leur sacrifice, ainsi que l’on dit, eux qui « ont tout donné », qu’ils n’imaginent même pas qu’on puisse leur faire la leçon. Ou bien, en situation de pouvoir, ils n’acceptent guère ou ne laisse guère ceux avec lesquels ils travaillent, les inviter à ce décentrement. Le texte se poursuit :]
Cela peut démolir, au moins pour un temps, ce souci de soi qui nous tue. Tomber amoureux, c’est "pour beaucoup de gens l’expérience la plus extraordinaire et révélatrice de leur vie, par laquelle le centre signifiant est soudain arraché au moi et l’ego rêveur est contraint de prendre conscience d’une réalité entièrement distincte". »
Radcliffe était tout de même maître de l’Ordre ! Il faut lire au moins les pages 229-232. Bon, même si sous les pontificats précédents, on ne l’aimait guère, beaucoup savait cela, directement ou par leurs lectures.
C’est sans doute par peur de devenir amoureux, de déloger l’ego, que certains préfèrent rester célibataires. Vivre dans l’illusion est, au moins à court terme, plus confortable. Dénoncer cela c’est en rajouter au réquisitoire déjà sévère contre l’Eglise de Mgr Charamsa.
La question, quand on est engagé, soit avec un conjoint, soit dans le célibat, est de savoir ce que l’on fait lorsqu’on tombe amoureux. Faire mourir un amour par fidélité à une parole déjà donnée est un chemin terrible. Il faut mourir, même si c’est pour vivre, même si c’est pour les autres. Que c’est violent. Peut-on effectivement traverser cette mort ? Tout le monde en a-t-il la force ? Quand un conjoint ou des enfants sont là, peut-être est-ce plus facile que lorsque c’est une Eglise envers laquelle on s’est engagée, plus abstraite que les figures du conjoint, des enfants ; et si en plus cette Eglise est violente, comme dans le cas justement dénoncé de cette homophobie paranoïaque !
Autre solution, la double vie. Elle a rendu et rend tant de conjoints de prêtres malheureuses ou malheureux… Est-ce une solution ? Difficile de la conseiller. Mais bien des doubles vies ont aussi existé qui ont limité le mal…
On peut enfin décider de rompre avec son engagement. Je me garderais bien de penser que c’est une mauvaise solution. La vie ne se fait pas comme dans un catéchisme avec le bien clairement distinct du mal. Reste que l’on n’a pas tenu parole et que là où on avait dit « je serai », on n’est pas. Tout n’est évidemment pas fini pour autant ; parfois, le courage de dire, « je ne veux pas être ici comme cela » est une vraie renaissance.

c. L’homophobie dans l’Eglise.
C’est une évidence. Elle commence par exemple quand on parle en même temps, dans une même partie d’un rapport présynodal, des divorcés et des homos. Les premiers ont, à tord ou à raison, connu un échec. Parfois, ils en sont responsables ; parfois, il convient de reconnaître un péché (dans lequel évidemment personne n’est enfermé définitivement si l’on en croit la parole de Jésus contrairement à ce que veulent faire croire certains.) En quoi consisterait l’échec de l’homosexuel ? Et sa responsabilité ?
Oui, le discours de certains, ceux qui disent ce que l’on doit penser, le catéchisme de Jean-Paul II, tout cela est homophobe. Comment ceux qui pensent que le célibat continent est une vocation peuvent-ils l’imposer à quelqu’un (puisque les homosexuels n’ont d’autre possibilité que celle-là) ? Non seulement ils piétinent les homosexuels, mais en plus ils salissent le célibat consacré. Ce sont les mêmes qui prient pour les vocations. Etonnez-vous qu’il y ait une crise des vocations (ce n’est bien sûr pas la seule raison, on s’en doute).
Certains formateurs aident les séminaristes à vivre dans la vérité en offrant un cadre de parole où ils peuvent choisir plus librement leur engagement dans le célibat ou le fait de quitter le séminaire. D’autres ne font rien, ou plutôt font semblant de ne pas voir, d’une part parce qu’il n’y a pas tant de candidats que cela, d’autre part pour ne pas être posés en face de leurs propres défis qu’ils pensaient avoir gentiment glissés sous le tapis. Parfois, si le candidat « avoue » (quel horreur ce mot, encore un indice de l’homophobie latente, comme si l’on en état coupable) son homosexualité, la seule solution est de l’envoyer chez un psy. On aurait envoyé chez les psy tous psychorigides, les obsessionnels de la vérité (du catéchisme, de la doctrine, et que sais-je) on n’en serait sans doute pas au même point dans l’Eglise !
Entre prêtres, certains s’aident par les seules conversations qu’ils échangent où ils ne sont plus obligés de tricher, de dissimuler cette part si importante de la vie. La violence de l’homophobie commence dans l’Eglise plus qu’ailleurs encore par l’obligation de se taire.
Ne pas répéter le discours des ayatollahs du catéchisme de l’Eglise catholique, que les deux derniers pontificats ont particulièrement promus, sur l’homosexualité comme sur tant d’autres sujets, et vous êtes ostracisés. L’homophobie atteint ainsi des personnes qui ne sont pas homosexuelles dès lors qu’elles refusent le discours idéologiques. Impossible à vérifier, mais le discours de François aurait sans doute empêché la violence homophobe qu’a connu l’Eglise de France lors des Manifs pour tous (et ce malgré sa piété poussiéreuse, sa théologie pas toujours rigoureuse, sa conception vieillotte de la famille aussi (il semble que sa grand-mère soit son modèle, sa référence en la matière). Que des prêtres, en chaire, aient invité à aller manifester, que des diocèses aient organisés des transports, non seulement est scandaleux, mais encore est une preuve de l’homophobie de l’Eglise. Statistiquement, ces braves petits soldats de l’institution qui ont ainsi prêché comptent parmi eux quelques homos. Bonne illustration de la haine retournée contre soi dont parle Mgr Charamsa. Plus on a besoin de dissimuler qu’on est PD, plus on est homophobe. C’est vrai dans l’Eglise comme dans la société.
L’homophobie latente est plus courante et plus contraignante que les éructations inconsidérées de quelques vociférateurs aujourd’hui susceptibles d’être poursuivis devant la justice, au moins dans nos pays. C’est une homophobie dont on ne se rend même pas compte, comme on ne se rend pas compte qu’on est machiste, tellement conditionné. Qu’il y ait à travailler, à militer, dans la société, dans les sociétés et dans l’Eglise, c’est une nécessité.
Dans l’Eglise, en outre, on devra affronter l’hypocrisie. Il y a plus de scandale à vivre avec un compagnon que d’habiter un appartement qu’on dit avoir rénové sur ses propres deniers pour 300 000 €. Comment un cardinal, qui plus est religieux, donc ayant fait vœu de pauvreté, peut-il avoir une telle fortune ? Il a sans doute piétiné son vœu d’obéissance au passage. Les questions sexuelles sont toujours plus dénoncées que celles de l’argent. Dans l’évangile, c’est juste l’inverse. Curieux, non ?

d. un peu de réalisme.
Il y a des prêtres homosexuels. Combien ? C’est difficile à dire. Un livre déjà ancien, d’un vicaire épiscopal aux Etats Unis (D. Cozzens, Le nouveau visage des prêtres, traduction française 2002) estimait que plus de la moitié des séminaristes états-uniens étaient alors homosexuels. On a d’ailleurs pensé que l’instruction de la Congrégation pour l’Education Catholique de 2005 qui demandait à ce que l’on ne laisse pas accéder aux ordres « ceux qui pratiquent l'homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu'on appelle la culture gay » était surtout une réaction au fameux lobby gay (le livre de Cozzens parle effectivement de la culture gay).
A mes risques et périls, sans pouvoir véritablement prouver ce que j’avance, mais non sans recourir à un certain nombre d’observations, je considère que la proportion d’homosexuels dans le clergé est bien plus élevée que dans le reste de la société. Faut-il aller jusqu’à 50%, je n’en sais rien. Je suis convaincu que 30% est une estimation basse. Je pense aussi que nombre de ces prêtres sont abstinents, cherchent à l’être, et considèrent qu’un coup de canif dans le contrat, n’est ni la fin des haricots, ni un accident de parcours sans gravité.
Les évêques étant choisis parmi les prêtres, statistiquement, ils sont tout autant concernés. Enfin, pas tout à fait. Les services compétents auront en général écarté les candidats dont on aurait eu connaissance d’une vie peu conforme au célibat abstinent, ou trop ouvertement « ouverts », si l’on peut dire, sur la question. De sorte que dans l’épiscopat, l’homosexualité est encore plus taboue. On peut penser que des hommes qui ont plus d’expérience et de maturité ne passent pas du tabou au refoulé, qu’ils ont pu apprendre à s’aimer paisiblement. Mais quand tel n’est pas le cas, leur homophobie n’en est que plus viscérale et virulente.
Eh alors, me direz-vous. Tous ces prêtres ou évêques ne font pas plus mal que les autres. Ou du moins si les mauvais prêtres étaient les PD, ce serait pratique pour les repérer et les virer. Nombre d’entre eux sont bons prêtres à avoir appris à s’aimer tels qu’ils sont, c’est-à-dire appelés à la conversion, non de leur sexualité, mais de leur vie à la suite du Christ. Puisque dans l’Eglise et encore dans la société, l’homosexualité est une infamie, savoir s’aimer dans ces conditions, c’est avoir pratiqué la miséricorde. Et les prêtres miséricordieux sont des disciples authentiques, souvent de bons prêtres. (Je le redis, l’homosexualité n’a pas à être considérée comme un péché, et que l’Eglise ne contribue pas à changer le regard sur l’homosexualité, surtout en Afrique, relève de son homophobie.)
Après ces constats, encore un pas du côté du réalisme. Pour certains de ces prêtres, pour la majorité, importe plus l’évangile que leur coming-out. Importe plus les gens auxquels ils sont envoyés qu’une relation amoureuse ou une pratique sexuelle. Cela est vrai de nombre d’hétérosexuels aussi. Il y a fort à parier que la majorité aurait choisi le mariage, si cela avait été possible, avec une femme… ou avec un homme. Il y a quelques célibats décidés, il y a beaucoup de célibats consentis au service de l’évangile. Il y a aussi de faux célibataires, soit qu’ils aient une double vie, soit qu’ils trouvent dans le célibat le moyen de ne pas assumer leur sexualité, quelle qu’elle soit.
Le mariage des prêtres n’est sans doute pas la solution à la soi-disant crise des vocations. Mais il serait plus que salutaire pour beaucoup. Quoi qu’il en soit, la majorité des prêtres a accepté le célibat abstinent, parce qu’elle croit plus important le ministère, c’est-à-dire le service des communautés. Je ne vois rien de tout cela dans l’interview et je m’en étonne.

e. pour conclure
Ces prêtres qui ne font pas un coming-out général, auprès des paroissiens par exemple, ne diront pas sur la place publique leur intimité, et encore moins au cours d’une conférence de presse. S’ils ont quelque chose à dire, qu’ils sont homosexuels mais aussi qu’ils ont une compagne, un compagnon ou qu’ils sont dans le refoulement plus ou moins pathologique, ce sera à leur accompagnateur, à leurs amis, ceux avec qui ils partagent une proximité certaine. Cela ne regarde pas, ce me semble, les autres. On dira que j’encourage ainsi le tabou. Ce n’est pas faux. Mais je répète qu’il faut distinguer coming-out et publicité. De plus, il y a d’autres moyens pour lutter contre l’homophobie que le coming-out.
Le coming-out de Mgr Charamsa a-t-il joué un rôle positif pour les gays dans le clergé et plus généralement dans l’Eglise ? Il aurait sans doute aidé plus encore à ne pas être assorti de la révélation de l’amour d’un compagnon. Cela aurait été difficile de le virer si on n’avait pu lui reprocher une rupture du célibat. Mais on ne refait pas l’histoire. Ce coming-out aura au moins montré, s’il était besoin, qu’il y a des homosexuels à la Curie. Alors que ses membres sont majoritairement de ceux qui bloquent l’Eglise, sur les questions de morale affective et sexuelle en particulier, il souligne l’hypocrisie et le mensonge d’un système qui doit changer.
Le courant de sympathie qui s’est manifesté à son égard, même s’il a dû aussi en prendre plein la figure, même s’il lui faut changer de vie, abandonner un métier que sans doute il aimait, est le signe que, pour beaucoup, l’obligation du célibat ne fait plus sens, et que, si les prêtres pouvaient se marier, ils le pourraient aussi bien avec un homme qu’avec une femme.